Sur cette page vous trouverez les résumés des ouvrages lus et commentés dans le cadre du Club de Lecture de Chailly.

Tous ces ouvrages peuvent être empruntés à la Bibliothèque du village.

Chronique de Joëlle : juillet 2017

Corsaires du Levant

Biographie

Arturo Perez Reverte est né à Cathagène en Espagne en 1951. Il a été correspondant  de guerre et est amoureux de la mer. Dans ce roman, l’écrivain s’adonne à ses deux passions: les récits de guerre et la mer. Il a publié de nombreux best-sellers, en particulier les sept romans qu’il a consacré à son personnage le plus célèbre: le Capitaine Alatriste qu’il fait évoluer à la fin du XVIème siècle et au début du XVII, lorsque la Grande Espagne ayant achevé sa Reconquête après huit siècles d’invasion arabe et donc musulmane et 150 ans de victoires en Europe et en Amérique Latine. L’auteur est un grand  admirateur des auteurs du siècle d’or  qui vit les meilleurs auteurs  espagnols : Gongora, Lope de Vegas, Francisco de Quevedo et surtout de Miguel de Cervantès qui combattit contre les Turcs à la grande bataille navale entre les Chrétiens et les Turcs à Lepante, en 1510 Cervantès y perdit un bras et  fut emmené à Alger pendant cinq  terribles  années comme esclave. Cervantès écrivit de nombreux romans dont l’immortel Don Quichotte  de la Mancha.

Perez Reverte est membre de l’Académie Royale, depuis 2003. Il publia de nombreux romans mais n’échappa pas à deux sérieuses accusations de plagiat.

Corsaires du Levant (2006)

En hommage à l’œuvre de Cervantès que Perez Reverte cite à plusieurs reprises comme d’ailleurs les autres grands auteurs du Siècle d’Or, l’écrivain nomme son héros principal le Capitaine Alatriste, en écho au “Chevalier à la triste Figure”, surnom que Sancha Pansa donne à Don Quichotte.

Le Capitaine a déjà connu plusieurs aventures en compagnie de son jeune protégé de 17 ans, Inigo Balboa, qui combat depuis 2 ans à ses côtés. Cette fois il s’embarque sur une galère espagnole, La Mulâtre, avec une cinquantaine d’autres soldats et une centaine de galériens. L’écrivain nous donne tout au long du roman des indications brêves et précises pour que le lecteur comprenne mieux l’époque et les pays rivérains de la méditerranée  qui se battent afin  de contrer la menace toujours présente des Turcs.

Ainsi, voyons-nous que les rameurs  sur les galères espagnoles appartiennent à plusieurs catégories : les prisonniers arabes ou turcs ou maures ou morisques , mais aussi des forçats condamnés par la justice royale pour quelques années de servitude et enfin de rares engagés volontaires qui sont payés pour leur service et ne sont pas enchaînés. Malgré ces différents régimes tous les galériens connaissent le même sort   et souquent  jusqu’à l’épuisement sous le fouet. Ils sont utiles car ils donnent davantage de souplesse aux bateaux en cas d’abordage. La flotte corsaire espagnole bénéficie de l’engagement absolu des défenseurs de la Religion, c’est-à-dire des Chevaliers de Malte,Leurs galères participent avec une détermination  totale à la lutte contre les turcs qui pillent  tous les navires de commerce  qui s’aventurent sur la mer. Perez Reverte fait allusion au courage inflexible des Chevaliers de Malte à St Elme ou à La Vallette.

Pour tous, il s’agit  de continuer à lutter contre l’ennemi implacable que représentent les turcs et leurs peuples soumis et de   maintenir ouvertes les routes maritimes en méditerranée.

Ce roman, magnifiquement écrit, est une chronique de la vie des soldats espagnols de leur exploits de leur héroïsme face à l’ennemi. L’auteur tient à expliquer la motivation fondamentale des espagnols  qui se battent pour leur foi mais aussi pour honneur. Ils sont fiers de leur engagement militaire et refusent de se rendre même lorsque tout semble perdu.  Cette époque de batailles maritimes acharnées illustre l’héroïsme des combattants qui sont toujours prêts à mourir pour leur foi et leur roi, mais aussi pour leur réputation, malgré leurs conditions de vie misérables.

La galère du Capitaine Alatriste nous conduit de Melilla à Oran puis à Naples puis près de la Croatie. Les soldats, qui ne sont plus payés par le roi depuis longtemps, vivent du pillage des bâteaux turcs et de la vente des prisonniers en cherchant à tuer le maximum d’ennemis, comme le fond, de leur côté,  les envahisseurs qui ont soumis par la terreur les terres autrefois chrétiennes et qu’ils continuent à maintenir sous leur joug. La tragédie des Janissaires est mentionnée avec sobriété. Il s’agit de ces  enfants chrétiens  de 10 ans, prélevés chez les familles chrétiennes par les Turcs tous les ans, pour les transformer en  redoutables soldats  face aux armées ou aux marins chrétiens.


Chronique de Joëlle: juin 2017

La Fête des fous

James Lee Burke

La Fête des Fous était célébrée les 26, 27 ed 28 décembre ét encadrée par l’Église du XIIème au XVII siècle en France, mais fut fortement limitée dès le XVème autorisait tous les débordements y compris des parodies ecclésiastiques avec l’élection d’un pape des fous et d”’un évêque. Ces fêtes étaient dérivées des saturnales où tous les débauches étaient permises sous le couvert de l’anonymat. Venise et d’autres villes continuent cette tradition de bals masqués encore de nos jours.

L’Église avait compris qu’il fallait permettre à tous de s’affranchir des interdits et des hiérarchies, de pardonner les relations sexuelles extraconjugales et tous les excès. Sans doute, cela permit-il aussi que des couples stériles aient soudain des enfants avec la bénédiction de l’Église et de libérer les rancœurs et les envies trois jours par an.

Burke nous offre ici le dernier ouvrage d’une de ses trilogies. Ces romans très sombres qui explorent les aspects les plus sombres de l’âme humaine se terminent sur une enquête qui met en présence différents psychopaths et leur  Némésis en la personne du shériff Holland   et de ses adjoints.

Comme le roman précédent, Les Dieux de la Pluie, s’ouvre sur une scène de violence dans une région désertique du Texas proche du Mexique. Un homme est torturé puis abattu par un groupe de gangsters, car le chef; Krill, veut savoir où La Magdalena qui pourrait le mener à Noie Barnum.

Peu à peu, le lecteur apprend que plusieurs bandits et même le FBI recherchent Barnum qui est un ingénieur qui a inventé un drone, le Prédateur, qui est utilisé par l’armée américaine et pourrait intéresser Al Quaeda.

Barnum a réussi à s’échapper et est recueilli par un des tueurs pathologiques, Jack Collins, déjà présent dans le roman précédent. Barnum, en fait, veut infiltrer Al Quaeda et tuer le maximum d’islamistes après que sa sœur ait péri dans les Twin Towers. Il prétend vouloir vendre les secrets du drone pour parvenir à son but.

Les personnages  ont tous un lourd passé qui les hantent y compris Hackberry Holland qui ne se pardonne pas d’avoir cédé aux tortures en Corée du Nord. Krill est obsédé par la mort de ses fils en Argentine, alors qu’il y était mercenaire. Collins repense à la mort de sa mère qu’il a poussé dans les escaliers pour se venger de ses souffrances endurées quand il était enfant, et l’une de ses derniers massacres où il a exécuté 9 prostituées thaïlandaises.  Cody meurt crucifié par les hommes de Sholokoff, proxénète et dealer de cocaïne, après une vie de tueur bien remplie. Anton Ling, La Magdalena, dont le nom seul évoque le pardon, porte secours à des migrants mexicains, mais a aussi lutté contre les communistes en Thailande. Sa vie actuelle est une expiation de ses pechés réels ou imaginaires.

Des personnages secondaires   assistent les personnages principaux, comme Becons , adjoint sheriff qui est victime d’un tueur sadique et cupide et est sauvé in extremis par Collins de la tombe où Negrito l’avait enterré, en espérant pouvoir vendre sa prise aux plus offrants.

L’auteur se réfère à la Bible à l’Evangile et à plusieurs écrivains pour soutenir  sa quête. Il cherche une réponse à la question centrale de la trilogie: quelle est l’origine du mal. Le passé, le présent et le futur sont mêlés dans la tête des personnages, puisqu’ils ne parviennent pas à se libérer de leurs actions.

La Fête des Fous s’achève sur un message d’espoir et d’apaisement pour ces âmes torturées car Collins et Krill, malgré leurs épouvantables crimes obtiennent le pardon de Hackberry qui les laissent poursuivre leur chemin. De même, Barnum rachète son passé de gauchiste romantique et est laissé libre de poursuivre son destin de vengeur par le shériff. Seul,  Hackberry qui avait cru noyer autrefois son sentiment de culpabilité pour avoir survécu au camp de prisonniers dans l’alcool et la débauche, s’interdit de connaitre des jours heureux avoir son adjointe Pam, de cinquante ans sa cadette. Hackberry paie le prix d’un crime qu’il s’imagine avoir commis et continue a revivre les pires moments de sa captivité nuit après nuit. La Fête des Fous est le roman du masque, des apparences, de la violence et du crime mais aussi de la rédemption. Il est significatif que seul Hackberry ne peut être sauvé car il a été une victime et donc n’a nul crime à se faire pardonner.


Chronique de Brian Davis : juin 2017

An introduction to polo

by “Marco” (1931)

Lord Mounbatten, de Birmanie

Préface du Prince Charles, Prince de Galles (1976)

Ce livre est un manuel complet pour le joueur de polo, débutant ou expérimenté. Il a été réédité plus de six fois depuis sa parution car il réunit tous les points que le joueur de polo doit savoir.

Le polo est jeu ancestral qui vient de Mongolie et qui a été modernisé par les officiers de la cavalerie anglaise en Inde. Le cheval depuis des millénaires a été le compagnon des guerriers et l’instrument essentiel des grandes batailles en Europe en particulier. Des exercices, comme le polo, étaient donc grandement appréciés des meilleurs officiers et en Angleterre il reste le sport des rois et des princes comme Charles, William et Harry, et naturellement de Lord Mounbatten.

Outre un texte très clair, il présente des photos des grands joueurs de l’époque qui permettent de mieux visualiser les conseils.

Deux équipes, de 4 joueurs chacune, s’affrontent pour faire le maximum de buts par période de 7mn 30. En général, les matches durent 5 ou six périodes mais pour les femmes les matches ne comptent que 4 périodes.

Une bonne équitation

Il va de soi que le joueur doit être un cavalier  très expérimenté qui sait mener son cheval dans toutes les situations, de manière quasi automatique pour se libérer l’esprit et se concentrer sur le jeu de polo.

  1. Un poney bien dressé

De la même manière, le joueur doit pouvoir monter un cheval qui est prêt à répondre immédiatement à ses demandes, ceci requiert des années d’un dressage spécifique tout en rigueur et en fermeté mais sans jamais blesser ou effrayer le cheval qui doit pouvoir faire confiance à ses cavaliers et être sûr que le joueur et les palefreniers s’occuperont de lui en toutes occasions.

  1. Le cheval et le cavalier forment une équipe et l’un compte sur l’autre .
  2. L’effort demandé au poney est si intense que les cavaliers s’arrêtent au bout de 7mn 30 et changent de cheval, ce qui suppose une grande cavalerie mise à la disposition de chacun. Deux à quatre chevaux sont donc nécessaire pour chaque joueur à chaque match.
  3. Le polo demande des qualités exceptionnelles de la part du cavalier et du cheval et une longue sélection permet de réunir les meilleurs des deux catégories.
  4. Au polo des diplômes, appelés “handicaps”, sont décernés aux meilleurs joueurs chaque année. Les rangs vont, de nos jours, de -2 à +10. Ce classement est reconnu sur le plan international. Les meilleurs joueurs actuellement sont les argentins qui ont su développer ce jeu en véritable activité nationale, avec des élevages et des champions de notoriété mondiale.

L’équipement

  1. Le maillet et la façon de le tenir pour frapper la balle.
  2. La selle
  3. Les brides
  4. Les bottes
  5. Le pantalon blanc
  6. Le casque
  7. Un cheval de bois fixe est souvent utilisé par les plus grands champions pour améliorer la frappe.

La frappe

Il y a 4 coups principaux, naturellement il faut frapper la balle quand le cheval galope à environ 30 km à l’heure ou doit virer ou s’arrêter brutalement tout en surveillant ses adversaires en repérant la position de ses coéquipiers pour leur passer la balle ou tenter de faire un but. Il faut donc se représenter visuellement à chaque instant la configuration du jeu, et frapper la balle. Il s’agit d’un jeu équestre de stratégie collective  et d’habileté individuelle.

L’arbitre

Comme dans tout sport il convient de surveiller le jeu et de sanctionner les fautes, de nos jours dans les meilleurs clubs mondiaux y compris à Chantilly, en France, des drones aident l’arbitre à prendre des décisions .

La ligne

  • Chaque joueur qui a la balle dessine sur le sol une ligne imaginaire qui interdit à tout adversaire de frapper à la gauche de celle-ci, mais il peut prendre la balle par la droite. En outre, comme on rugby les joueurs peuvent “prendre l’homme “ c’est-à-dire forcer un joueur à s’écarter en poussant son cheval contre celui de l’adversaire.
  • Les règles concernant le jeu sont très précises et doivent être respectées à la lettre. Le livre s’achève donc sur une présentation de ces règles, qui furent recemment changées en Amérique pour permettre un jeu plus fluide qui est visuellement plus facile à comprendre par des publics pourtant chevronnés.

Conclusion

Rappelons-nous que c’est un jeu viril qui est d’abord un exercice militaire avant d’être un spectacle élégant, apprécié de quelques très rares amateurs dans le monde, essentiellement composés de familles royales et de milliardaires.


Chronique de Joëlle : juin 2017

Les Dieux de la Pluie

James Lee Burke

James Lee Burke est né en 1936 au Texas et a écrit une vingtaine de romans dont certains on été portés à l’écran comme In the Electric Mist ou Two for Yuma. Il a reçu plusieurs prix pour ses romans policiers et a publié un premier roman de la serie The Holland Family, dont le héros est Hackberry Holland “Déposer glaive et bouclier” en 1965, publié en France en 2013, “Les dieux de la pluie” en 2015 (2017), et “La fête des fous” en 2011, (2017).

Les dieux de la pluie

Dans un petit hameau sinistré du Texas un homme, Pete Flores, affolé appelle la police il vient d’assister au meurtre de neuf thaïlandaises qu’il avait accepté de convoyer par son co-équipier. Pete est un ancien soldat grièvement brûlé au cours de la guerre d’Irak. Il vit d’expédients et essai d’oublier ses traumatismes en buvant et en se droguant. Il est le témoin d’un épisode de la guerre des gangs qui oppose un russe, Joseph Solokoff, propriétaires de ces prostituées asiatiques qui lui servaient également de mules pour transporter de l’héroïne dans leur estomac et Dick Nolan venu de la Nouvelle Orléans. Nolan avait donc voulu faire exécuter ces filles et les enterrer pour pouvoir récupérer la drogue plus tard, car les convoyeurs ne parvenaient plus à faire taire les filles qui voulaient être conduites dans un hôpital les sacs remplis d’héroïne mis dans leur estomac commençant à éclater. Nolan avait simplement dit à son homme de main : « fais le nécessaire ». Le roman décrit la course poursuite entre les tueurs engagés par Nolan pour éliminer tous les témoins de l’incident dont Pete et Vikki Gaddis, sa petite amie, et le shériff Hackberry Holland, un rescapé des camps de prisoniers de la guerre de Corée.

Le shériff doit affronter les tueurs dont le plus terrible est un psychopathe, Jack Collins , dit le Prêcheur, car il se prend pour le fléau de Dieu. Il a sans doute tué sa mère, pour tenter de résoudre un complexe d’œdipe qui le taraude. D’ailleurs, à la fin de l’histoire, on apprend qu’il a enterré sa mère sur son lopin de terre et planté sa tente dessus ; en un geste de possession et de domination ultime qu’il révèle à son disciple Bobby Lee.

Plusieurs autres personnages jalonnent le roman et tentent chacun de jouer sa partition : un inspecteur du FBI, qui veut venger sa fille tuée pour le plaisir par des gangsters éméchés, qui meurt sous les balles de Collins. D’autres bandits qui vivotent de crime en crime.

L’auteur s’est longuement interrogé sur le conflit entre le bien et le mal et cite la Bible : « la voix de Dieu est un murmure, on ne l’entend pas dans les tremblements de terre » (Elie), ou l’Evangile de St Matthieu. Ainsi Hackberry qui dut subir le sadisme de ses geôliers chinois en Corée dit-il : « on ne descend pas tous du même arbre », en rejetant le darwinisme.

Plus loin le narrateur s’interroge sur l’histoire de la terre faite de : « souffrances, inhumanités, massacres, cicatrices, poussières dépourvues de signification », en écho à Shakespeare qu’il cite plus loin, désabusé : « on ne meurt qu’une fois , on doit une mort à Dieu », (Henry IV, III, 2).

Et un indien conclut en regardant cette terre aride, autrefois productrice de blé, « les dieux de la pluie ne reviendront pas tant que les dealers et les tueurs seront par là, Il ya un trou dans la terre, et à l’intérieur il y a un endroit d’où venait tout le blé. C’est de là que sort toute la puissance. Plus personne ne sait où est ce trou ».


Chronique de Joëlle : avril 2017

Les anonymes

R. Ellory

Le livre commence comme un roman policier traditionnel: un inspecteur, Robert Miller, est appelé à la suite d’un meurtre. Une femme, Catherine Sheridan, semble avoir été la victime d’un crime sexuel. En effet, son corps est retrouvé au pied de son lit. La victime est apparemment morte sous les coups assenés par un tueur qui attache un ruban au pied de ses victimes. Le fichier de la police fait état de quatre victimes similaires mais, seule, Catherine a été étranglée avant de recevoir les coups et donc révèle un modus operandi différent. Aucune des victime n’ a été violée. Miller suppose qu’il y a deux tueurs. Un inspecteur du FBI, James Killaney est dépêché pour renforcer l’équipe. Il n’offre que des platitudes psychologiques aux enquêteurs de terrain, mais il suit le déroulement des opérations.

Ici, l’auteur introduit le journal de John Robey en parallèle au développement de l’enquête. John Robey révèle peu à peu qu’il a été recruté par la CIA et qu’il connaissait Catherine Sheridan pour avoir fait équipe avec elle lors de ses missions au Nicaragua, lorsque le gouvernement américain avait mandaté Oliver North pour superviser un accord de lutte avec les rebelles contre les communistes en leur donnant des armes et un soutien technique en échange du libre accès au marché de la drogue aux États-Unis. Les missions de John Robey, etait d’abattre les Sandinistas qui se livraient au meurtre et à la torture systématique des opposants au communisme, sous la présidence sanglante d’Ortega.

John Robey a donc mené une double vie, celle de sniper au service de la CIA contre les ennemis de la liberté et une carrière de professeur de littérature à l’université. Il révèle aussi que dans son enfance, son père a soulagé les souffrances de sa mère atteinte d’un cancer au stade terminal. John a même participé à la construction du cercueil que son père avait construit avec amour pour enterrer son épouse. L’idée de mort nécessaire et charitable était donc présente dans l’esprit de John dès son adolescence.

Par ailleurs, Miller découvre que Catherine Sheridan avait laissé des messages dans les livres qu’elle empruntait à la bibliothèque municipale indiquant ainsi le nom de ses co-équipiers au Nicargua. La CIA a compris le danger et a envoyé un liquidateur pour éliminer les membres de cette équipe pour éviter que la vérité sur cette mission ne soit découverte, et en particulier l’arrivée massive de drogue aux Etats-Unis, pour payer les armes. Catherine, elle-même atteinte d’un cancer au stade terminal, a cru faire une chose juste en commençant à indiquant au monde ce qui s’était passé mais elle n’avait pas mesuré les conséquences qui conduisirent à la mort de ses anciens compagnons d’arme de l’armée secrète. Le lecteur peut imaginer que son jugement a été perverti par les médicaments. Elle ne sait plus si elle a eu raison de suivre cette voie. Elle tente maladroitement de dire qui était avec elle au Nicaragua sans donner aucun renseignement sur ses missions et ce qu’elle en pense ultérieurement. Elle est à bout de force physiquement et psychologiquement. Elle ne trahit pas son pays mais semble perdue, avant que la CIA, craignant des propos plus précis et opposés à la politique suivie, n’intervienne.

Miller continue son enquête et trouve John Robey sur son chemin, l’ancien agent est, lui aussi, arrivé à la fin de sa mission sur terre et il se laisse découvrir par Miller, car il sait que la CIA est sur ses traces et va immanquablement l’éliminer à son tour. Quand il a su que Catherine était mourante, il lui a offert, avec son consentement, une mort rapide et déguisé son quasi-suicide en victime de la série du “Tueur au ruban”.

Miller comprend que Killarney ne fait pas partie du FBI et est en réalité le chef d’équipe du groupe dont faisaient partie pour les agents éliminés sur ordre du directeur de la CIA.

La profondeur et la grande émotion que se dégagent de ce roman viennent de l’écriture pudique toute en retenue qu’a choisie l’auteur. Il montre comment un jeune homme, patriote et foncièrement honnête, est près a engager sa vie dans le grand combat de son pays: la lutte contre le communisme, dans tous les pays où il a été envoyé. Mais que comme l’histoire le démontre les agents secrets, qu’ils soient mis sur des missions d’élimination ou de renseignements, doivent maintenir un silence absolu sur leurs actions.

John Robey a vécu sous de multiples identités a maintenu une double vie et a servi son pays au maximum de ses capacités, il est tué à la fin comme ses camarades au nom du secret. Le combat qu’il mène au nom de son pays est honorable lorsque l’on sait les atrocités commises dans les pays communistes: Cuba, l’URSS, la Chine ou la Corée du Nord et qui sont rappelées au début du journal de John Robey. L’auteur a la grande intelligence de ne pas juger une politique mais d’exposer des parcours individuels et leur tragédie. John Robey est un héros anonyme qui est resté droit dans ses principes et son engagement.

Biographie

Roger Jon Ellory est né à Birmingham en Angleterre, en 1965, d’un père inconnu et d’une mère mère danseuse, qui mourut de tuberculose lorsqu’il avait 7 ans. Il fut élevé par sa grand-mère maternelle. Il s’intéresse à la philosophie, la psychologie. . . , ainsi qu’à la musique mais aussi aux auteurs policiers et commence à écrire des romans à l’âge de 22 ans.   Mais les éditeurs rejetèrent ses romans au prétexte qu’un Anglais ne pouvait pas écrire sur l’Amérique. En 2001, il décida de se relancer dans l’aventure. “Candlemoth” fit pris par Orion et ce fut le départ de sa carrière. “Les anonymes”, son sixième roman, publié en 2010, reçut le prix du roman policier en Angleterre.


Chronique de Joëlle : janvier 2017

LA MAISON DES ABSENTS

Tana French

Tana French est une auteure irlandaise, née en 1973, née aux États-Unis d’une mère d’origine russe et d’un père américain d’origine italienne, qui a travaillé dans le développement économique dans de nombreux pays. Elle a suivit des études de théâtre à Dublin à Trinity College, elle a gardé les deux nationalités : américaine et italienne malgré son installation en Irlande. Sa carrière d’écrivaine a débuté avec le roman In the Woods, en français : Écorces de sang. Elle a publiée environ 6 romans policiers en s’intéressant à la psychologie des personnages.

LA MAISON DES ABSENTS

Il s’agit d’un roman policier contemporain situé en Irlande, dans une nouvelle banlieue de Dublin, un quartier pavillonnaire. Une partie des maisons est abandonnée, une autre est en voie de construction d’autres sont habitées. Le lieu pourrait être charmant avec ses pelouses, ses larges rues mais il est sinistre, car il y manque la vie. Il n’y a pas de boutiques, de bruit, d’animation. Les rares habitants semblent perdus au milieu de cette banlieue qui est construite loin de tout, sur une butte battue par les vents maritimes.

La police est appelée sur les lieux par la sœur de la propriétaire, Jenny Spain, d’un pavillon inquiète de ne pas avoir de nouvelles. Un as de la crime, Scorcher Kennedy, vient enquêter avec son adjoint Richie. Au début, le cas semble clair : le père, Pat, pris d’un coup de folie , a tué ses enfants, blessé sa femme avant de se suicider. Mais bien vite des détails étranges viennent contredire cette analyse simpliste : pourquoi tant de trous larges d’une vingtaine de centimètres ont-ils été creusés dans les murs ? Quel est le vagabond qui a élu domicile en face de la maison de Jenny pour surveiller la famille ? Peu à peu Kennedy comprend qu’il s’est passé un drame bien plus complexe.

Le roman est une métaphore de la crise économique et bancaire et des espoirs fous puis brutalement déçus de ces nouveaux propriétaires de maison qui ont balayés tant de gens ordinaires en Irlande.

Pat et ses enfants et Jenny ont été broyés par la crise économique qui a fait croire aux Irlandais imprudents que pour la première fois de leur histoire tragique , ils allaient enfin se développer et que le Tigre Celtique , surnom que les Irlandais avaient donné de façon bien prétentieuse à leur pays , allait continuer à rugir, au-delà des années 2000.

C’était oublié que le bref essor avait été financé par les fonds européens et que les maisons toutes neuves mais payées à crédit devaient être remboursées aux banques étrangères ;

Tana French ne parle pas de l’économie de l’Irlande mais elle a choisi de montrer l’impact délétère sur ses habits qui ont voulu croire en un rêve de grandeur qui s’est transformé en cauchemar.

Pat a détruit lui-même son pavillon à recherche de supposés furets qui auraient élu domicile derrière les parois de son logement. Il fait des trous , pose des caméras et des micros en espérant surprendre la cause des bruits qu’il prétend entendre et prouver à Jenny qu’il y a bien un monstre qui se cache dans leur maison. Il s’enfonce dans son délire et entraîne sa femme dans sa paranoïa. Le vagabond qui entre régulièrement, parle avec les enfants et vole de la nourriture est un marginal, amoureux transi de Jenny qui essaie de veiller sur la famille en secret. Il est prêt à s’accuser des meurtres pour sauver l’objet de son amour. En effet, Jenny au bout de plusieurs mois à bout de force tue ses deux enfants et son mari et tente de se suicider. Mais Scorcher Kennedy parvient à dénouer les fils de l’intrigue en remontant toutes les pistes.

Bref commentaire

Tana French a réussi un roman policier dont on suit l’enquête avec grand intérêt. Le style est vif et plaisant. Les personnages sont bien campés et clairement identifiables ainsi que cette nouvelle banlieue désolée et désolante, perchée sur cette colline face à la mer comme une épave abandonnée après une forte tempête. Les différents suspects auraient pu, tous, commettre les crimes et assassiner cette famille si banale, mais l’auteure a su révéler peu à peu son jeu et montrer les différents niveaux de responsabilité de la tragédie sans jamais s’écarter de son propos apparent : faire un bon roman policier.

Mais, le texte, à la réflexion, prend une épaisseur particulière lorsque l’on se rappelle des ravages de la crise des sub-primes qui a déferlé sur des pays peu structurés qui ont voulus croire dans un rêve américain insensé. Le titre français : La Maison des Absents met le projecteur sur les crimes commis, tandis que le titre original en anglais, Broken Harbour, souligne met le projecteur sur la famille et leur habitation qui loin de leur servir d’abri s’est révélée être un piège mortel pour leurs ambitions démesurées. Le port, autrefois havre de paix, est brisé et seules des ruines et des disparus hantent désormais ces lieux de malheur. met le projecteur sur la famille et leur habitation qui loin de leur servir d’abri s’est révélée être un piège mortel pour leurs ambitions démesurées.


Chronique de Joëlle : juillet 2017

Le crime de Sylvestre Bonnard

Anatole France

Biographie

Anatole France, né en 1844 à Paris et mort en 1924 à Saint-Cyr-sur-Loire, fut considéré comme le plus grand écrivain de la IIIème république. Son père était libraire, spécialisé dans la Révolution français et fit partager à son fils son amour des livres et son intérêt pour l’Histoire. Anatole France fut bibliothécaire au Sénat avant de se consacrer à l’écriture et il utilisa ses connaissances historiques dans plusieurs de ses romans écrits dans une prose poétique qui lui valut le Prix Nobel en 1921, pourtant il débuta sa carrière d’écrivain en publiant des poèmes et fut membre du Parnasse à partir de 1867. plus tard il écrivit des pièces de théâtre et des critiques littéraires Il fut élu à l’Académie Française en 1896. Par ailleurs, il s’engagea dans plusieurs causes sociales : soutien à Dreyfus, à la Ligue des droits de l’Homme, au Parti Socialiste français … Il écrivit des textes patriotiques pendant la 1ère Guerre Mondiale puis milita pour une amitié franco-allemande après le conflit. Il collabora à l’Humanité mais se montra critique envers les procès staliniens ce qui lui valut son exclusion des journaux communistes. Ses romans montrent un auteur critique de son époque devenu de plus en pessimiste sur le sort de la société.   Le roman qui le fit connaître fut le Crime de Sylvestre Bonnard.

Le crime de Sylvestre Bonnard (1881)

Le roman s’ouvre dans la bibliothèque personnelle de Sylvestre Bonnard, membre de l’Institut, célibataire ayant atteint la soixantaine vivant avec son chien et sa gouvernante qui l’informe qu’un colporteur vit dans le grenier de son immeuble à Paris et que sa jeune femme est enceinte. Il lui fait porter des vivres et des bûches par charité. Plus tard il apprend que la jeune femme, devenue veuve, est partie avec son fils vers d’autres aventures.

Quelques années plus tard, il découvre l’existence d’un manuscrit précieux, « La légende dorée » Jean Toutmouillé, et il décide de partir en Sicile acquérir ce trésor, après quelques péripéties il fait la connaissance, en Italie, de la Princesse Trepof et son époux, mais ne parvient pas à acheter « La légende dorée » , car le fils du marchand est parti avec plusieurs œuvres d’art pour les vendre à Paris. Sylvestre Bonnard tente d’enchérir pour prendre possession de l’œuvre mais un mystérieux acquéreur le devance et il repart chez lui désemparé. Mais un petit garçon sonne à la porte avec un paquet. Il s’agit d’une bûche qui contient le manuscrit qu’il convoitait, avec une carte : Princesse Trepof, qui n’était autre que la jeune femme du grenier qu’il avait secourue sans même l’avoir vue.

Puis Sylvestre Bonnard est invité au château de Lusance pour y inventorier la magnifique bibliothèque. Il y fait la connaissance de Jeanne Alexandre, petite fille d’un amour de jeunesse, Clémentine. Il se laisse emporter par ses souvenirs. Il songe à l’époque troublée où les bonapartistes puis les partisans de l’Empire puis ceux de la restauration s’affrontaient ou méditaient sur la gloire éphémère des uns et des autres. Il pense à la jeune Clémentine qui illumina sa jeunesse

Jeanne est orpheline et pauvre. Sylvestre Bonnard s’intéresse à cette jeune fille qui se languit dans un pensionnat où elle doit s’occuper des plus jeunes. Sylvestre Bonnard obtient que la directrice soit moins exigeante envers la malheureuse enfant. Elles se rendent toutes deux chez Sylvestre Bonnard et, en voyant la bibliothèque de l’académicien, la directrice ne peut réprimer la question qui fuse de la bouche des non lecteurs : « vous les avez tous lus ? ». La directrice, déjà vieillissante souhaiterait vivement épouser l’académicien, devant le refus outré de celui-ci elle s’oppose à ce que Sylvestre Bonnard continue ses visites au pensionnat pour veiller sur Jeanne, l’accusant de nourrir de mauvaises pensées envers la jeune fille. Jeanne devient domestique puisque son tuteur déclare avoir épuisé les ressources financières qui lui appartenaient. Sylvestre Bonnard décide d’enlever Jeanne et la conduit chez Mme et M. Gabry qui est affolé par les conséquences de cette folie. Le tuteur, Maitre Mouche, a de son côté au même moment fuit la veille avec l’argent de ses clients et la fille d’un perruquier. Devant la défection de Mre Mouche, Sylvestre Bonnard se fait nommer légalement tuteur de Jeanne car il souhaite qu’elle éclaire ses dernières années ; mais un jeune thésard s’éprend de la jeune fille et lui demande sa main.

Bonnard décide de vendre sa bibliothèque pour constituer une dot à Jeanne, mais chaque nuit il en retire des ouvrages qu’il garde dans une réserve secrète, car il ne peut se résoudre à voir disparaître ses chers compagnons. Il volait la dot de sa protégée, voilà le crime que Sylvestre Bonnard commettait nuit après nuit. L’amour des livres ne l’avait jamais trahi et il avait besoin de leur affectueuse et fidèle présence puisque Jeanne allait le quitter.


Chronique de Joëlle : septembre 2016

Un pur espion

John Le Carré (1987)

Ce roman est d’abord une auto-fiction de John Le Carré où il révèle ce que furent les relations qu’il entretint avec son père, escroc notoire. Son héros, Magnus Pym, est considéré comme un maitre espion travaillant pour le Foreign Office. Son terrain de prédilection est l’Allemagne et la Tchécoslovaquie. Jeune étudiant, Pym fit la connaissance, à Berne en Suisse, d’un réfugié tchèque, Axel, qui le recontactera plus tard car en fait il travaille pour les service secrets tchèque et, jouant de leur profonde amitié, le convainc, très facilement, de devenir un agent double au profit des communistes.

Le roman s’ouvre sur la disparition de Magnus. Mary sa femme alerte Jack Brotherhood, leur chef au Foreign Office que Magnus n’est pas rentré à Vienne à l’ambassade comme convenu après l’enterrement de Rick. En fait, Pym s’est refugié dans un petit hotel du Devon où il rédige ses mémoires à l’intention de son fils. Il veut expliquer que sa personnalité si complexe est le résultat de ses liens avec un père qui s’est joué de tous et de toutes, qui l’a abandonné régulièrement dès le plus jeune âge et qu’il a appris la duplicité et le double jeu très tôt pour survivre. Très jeune il a appris les bonnes manières, puis la séduction et il se sert de ces armes pour obtenir ce qu’il veut des relations qi’il noue dans les ambassades britanniques. Il sait cacher ses émotions, ses sentiments et tout particulièrement à lui-même.   Magnus se convainc qu’il trahit l’Angleterre pendant plus de vingt ans pour garder l’amitié d’Axel, en réalité sergent Pavel,   la seule personne pense-t-il qui fit preuve de sincérité envers lui. Axel lui avait avoué sa qualité d’agent communiste mais se présente avant tout comme un ami fidèle. Magnus a trop besoin de cette amitié pour rejeter Axel ou le dénoncer au Foreign Office. Le talent pour la manipulation que son père lui a transmis lui permet de cacher à tous la réalité du jeu qu’il mène et persuade facilement Jack, son chef, que c’est lui, Magnus qui mène le jeu et contrôle le réseau tchèque et non l’inverse, jusqu’à ce que la CIA ne découvre la vérité et que cela conduise à son arrestation et à son suicide.

Axel est un fin psychologue et a très vite découvert la faille dans la personnalité de Magnus qui cherche désespérément un lien authentique mais il choisit le pire en se précipitant chaque fois davantage dans les mailles du filet que lui a jeté Axel. Magnus a besoin d’être encadré étroitement et il est la victime consentante du chantage affectif que pratiquait déjà, maladroitement, son père. Axel est d’un autre calibre et conduit sa recrue avec une main de fer dissimulée dans un gant de velours, se présentant à lui comme le seul capable de le mener au plus sommet professionnel et comme le seul ami qu’il ait dans ce monde.   L’auteur mentionne les apparitions successives d’Axel dans la vie de Magnus toujours accompagnées dans chantage affectif pour qu’il lui livre toujours des secrets plus importants, Magnus lui semble ne pas saisir le danger et le poids de ses trahisons. Il pense que toute la vie est faite d’escroqueries et ne se réjouit même pas des succès qui jalonnent sa vie de traitre. Il est un agent double d’abord envers lui-même.

John Le Carré, de son vrai nom David Cornwell, a travaillé pour le MI6 en Allemagne de 1960 à 1964. Il aborde de nouveau dans ce roman le thème central de son œuvre: la trahison d’un agent en place, la taupe, l’agent double pris dans les complexités de ses identités et ses loyautés multiples. La construction de ce roman est donc alambiquée faite d’aller et retours entre l’enfance et l’âge adulte, mêlant les apparitions de Rick et d’Axel, créant ainsi une grande confusion chez le lecteur qui évoque le malaise grandissant de l’esprit de Magnus. La découverte de la trahison de Magnus arrive au moment, qu’avait pressenti Axel, où Magnus est épuisé. La mort de Rick le prive de la nécessité de prouver à son père qu’il est meilleur manipulateur que lui pour enfin avoir l’amour de son père, ce père qui lui interdit de l’appeler Père. Magnus ne peut que lui donner du “Rick “ comme toutes ses relations. C’est le drame de bien des enfants mal aimés ou rejetés qui acceptent tout de leur parents pour obtenir enfin cet amour qu’ils n’auront jamais.   Magnus n’a plus la force de continuer sans ce défi perpétuel. Il se réfugie dans sa tanière comme une bête blessée à mort pour s’expliquer à son fils. C’est l’hallali, il en est conscient et se tire une balle dans la tête avant même que les policiers pénètrent dans l’hôtel, échappant définitivement à la réalité qu’il a fui toute sa vie. Il est le parfait espion car s’il découvre des secrets militaires facilement il ne sait pas à quel pays il doit être loyal, il choisit de se lier à Axel sans devenir communiste mais il a besoin d’un mentor puisque son père a refusé d’endosser ce rôle. Trahir l’Angleterre ne lui parait pas déloyal car il ne sait pas qui il est.


Chronique de Joëlle : mars 2017

Bel-Ami (1885)

Maupassant 1850- 1893

Né d’un père hobereau normand à Tourville, il monta à Paris pour travailler au ministère de la Marine puis commença à vivre de sa plume avec le succès de Boule de Suif et de la Maison Telluier en 1880. Il rencontra les grands écrivains du moment et fut un ami proche de Flaubert et de Tourgueniev. Il faut très affecté par la disparition de Flaubert.

Il publia son premier roman en 1883 Une Vie et deux ans plus tard Bel-Ami qui lui valut la consécration. Il fut diagnostiqué comme syphilitique en 1877, maladie qui l’emportera après des mois de délires en 1893.

Son œuvre internationalement reconnue compte des articles de journaux parue dans le Gaulois et Gil Blas , des nouvelles et des romans qui sont toujours appréciés dans le monde entier.


Bel-Ami 1885

Georges Duroy, fils d’aubergistes normands, et sous-officier démobilisé, arrive à Paris en 1880, plein d’ambition il se sait intelligent, séducteur et sans scrupules il veut réussir et y parvient grâce à l’appui de femmes riches et connues dans le Tout Paris. Il rencontre par hasard un camarade de régiment Charles Forrestier qui s’est fait une situation dans la presse. Forestier le présente à son directeur, Walter, homme d’affaires juif et rusé qui lui propose des piges. Il gagne très peu mais il rencontre les femmes du monde qu’il tente de séduire; dont Clotilde de Marseille qui lui procure appartement et argent. Walter le charge de chroniques à La Vie Française. Duroy séduit Madeleine Forestier qui en réalité avait rédigé les articles de son mari et avait donc connu un succès journalistique par procuration. Elle offre à Duroy de continuer et de devenir son prête-nom, puisque Charles ne peut plus assurer sa position. Car il est poitrinaire et mourant mais il confie Madeleine à Duroy lui léguant 1 million. Duroy séduit aussi Virginie Walter, la femme de son patron.

Madeleine épouse Duroy et lui apporte 40 000 francs en dot et l’appartement;qu’elle occupe. Elle fait entrer Duroy dans les milieux de la politique et de la finance.

Il rachète un titre et devient M. Du Roy de Cantel;

Il est ami avec Laroche-Mathieu, devenu ministre des Affaires Étrangères et se rapproche des intrigues du moment. Maupassant profite de ce personnage pour appeler des pages douteuses de la politique française de l’époque et d’un scandale financier an Maroc. Grace aux indiscrétions de Virginie Walter qui a surpris des propos de son mari, il gagne à la bourse 60 000 francs mais prenant conscience du caractère illégal de l’opération il recours à l’aide du comte de Vaudrec, autre amant de Virginie Walter, pour déguiser cette somme et il touche sous forme de legs 400 000 francs. Or le coup de bourse qui lui avait fait gagner 60 000 francs a fait toucher 50 millions à Walter. Du Roy se sent donc justifié dans sa montée vers les sommets et la richesse. Amant de l’épouse de Walter il veut aussi devenir aussi riche que lui et l’humilier publiquement.   Il jette son dévolu sur Suzanne la plus jeune des filles de Walter qui a juste 17        ans.

Grâce à un constat d’adultère il peut divorcer de Madeleine et il veut épouser Suzanne, mais ses parents s’y opposent, alors il enlève sa jeune maitresse. Virginie est dévastée par la perversité de son amant. Mais le père accepte de doter de 10 millions Suzanne et accepte le mariage. Devant l’église de la Madeleine, la foule s’est amassée pour assister à la cérémonie, Duroy se sent enfin parvenu à ,ses fins. Il est reconnu par tous comme étant riche et puissant.

Maupassant voulait dénoncer le monde de la presse , des affairistes de l’empire. Duroy est aussi un double de Maupassant qui fut journaliste et un grand séducteur, un habitué des salons et des alcôves parisiennes. Maupassant méprise les bourgeois riches ou pauvres il est issu de la noblesse et se gausse des prétentions de ces parvenus et de leurs délires de grandeur qu’aucune fortune ne leur permettra d’oublier la bassesse de leur naissance.


Chronique de Joëlle : décembre 2017

La fille du train

Paula Hawkins (2015)

Biographie de Paula Hawkins

Paula Hawkins est née à Harare en Rhodésie, devenue le Zimbabwe, en 1972, d’un père professeur d’économie et journaliste. Elle étudia l’histoire et la philosophie à Oxford et devint journaliste économique au Times.

La fille du train de Paula Hawkins (2015)

 Paula Hawkins a écrit La fille du train, c’est un thriller psychologique. Ce roman est écrit à trois voix et se déroulent sur plusieurs années. On comprend peu à peu qu’une femme, Megan Hipwell, a disparu et que la police mène l’enquête. Plusieurs protagonistes décrivent leur vie dans la, période qui a précédé cette disparition. Trois femmes vont donc mêler leurs récits conduisant au drame.

Rachel, le personnage central de ce roman, n’a jamais accepté le divorce de son mari, Tom, qui s’est remarié avec sa maitresse, Anna, qui depuis est enceinte . Elle sombre dans le désespoir et noie ses angoisses et sa colère dans des flots de gin tonic. Devenue incapable de travailler, elle est mise à la porte mais n’ose pas avouer cette ultime déchéance à l’amie qui lui loue une chambre, aussi tous les matins continue-t-elle de prendre le train , ne sachant combien de temps elle pourra cacher la vérité. Elle a quelques économies et parvient à donner le change à son amie, Cathy. Cependant elle ne peut dissimuler ses beuveries qui la plongent régulièrement dans une stupeur d’ivrogne. Elle oublie de nombreux épisodes de sa vie et ne sais pas vraiment ce qui lui est arrivé au moment de la disparition de Megan.

Le roman s’ouvre sur une journée quotidienne de Rachel. En regardant par la fenêtre du train elle remarque un couple qui habite un pavillon situé tout près de la ligne de chemin de fer. Elle leur imagine une vie idyllique, elle dont le rêve a été brisé à tout jamais. Elle leur donne un nom à chacun: Jason et Jess. Jason lui parait l’incarnation de l’homme idéal, beau et attentionné envers sa femme. Pourtant quelques temps plus tard, Jess lui parait avoir changé envers on mari, comme si elle avait peur de lui.

Elle et Tom ont habité un autre pavillon avec jardin un peu plus loin et elle peut voir son ancien mari et Anne de son train.   Rachel harcèle Tom de coups de fils pour lui exprimer son désespoir, et Tom lui intime l’ordre de cesser ce manège en vain.

La police découvre le corps dans le bois près de la gare. Désormais, Rachel tente de reconstituer les journées qui ont été marquées par la disparition de Megan, car elle veut découvrir ce qui s’est réellement passé , convainque de l’innocence de Scott , elle veut trouver l’assassin. Mais ses souvenirs lui échappent, et elle craint d’avoir commis le pire. Rachel a commencé à boire par ce qu’elle ne pouvait pas voir d’enfant.

Megan, apparait soudain comme la deuxième narratrice du roman, pour éclairer le personnage de la disparue et expliquer le drame. Il s’agit, en fait, de la femme que Rachel avait baptisée Jess. Rachel et Megan ont un parcours semblable qui les rapprochent sans même se connaitre.

Megan a eu une adolescence tourmentée, tout comme Rachel; elles ont toutes deux fuguées à l’âge de 15 ans ont vécu avec un homme quelques années et repensent à leur grand amour perdu, et s’enfoncent dans leur dépression. Megan s’ennuie dans cette nouvelle maison, elle n’aime pas son mari, Scott, et ne sait comment s’occuper. Elle se propose, soudain comme babysitter à Anna qui a eu son bébé, mais elle abandonne rapidement. Et elle Megan décide de consulter un psychologue bosniaque: Kamal Abdic, qu’elle harcèle à son tour, car elle a jeté son dévolu sur le psychiatre puisqu’elle ne peut communiquer avec son mari. Et elle décide un jour de raconter à Kamal son terrible secret : elle s’était endormie dans son bain, en tenant son bébé, Libby, contre elle. Quand le froid la réveilla, Libby s’était noyée, coincée contre son corps. Ce jour-là Kamal et Megan deviennent amants.

Puis, Anna rentre en scène et relate aussi sa version des faits concernant les interventions de Rachel dans leur vie avec ses nombreux coups de fils.

L’auteure mêle les chapitres et les récits, en donnant la parole à sa narratrice principale, Rachel. Le lecteur suit donc de nouveau Rachel qui , inquiète des soupçons de la police envers Scott, Rachel, décide de lui fixer rendez-vous et de lui révéler que Megan avait une liaison avec Kamal dont peut-être elle portait l’enfant le jour de son assassinat. Quelques temps plus tard ils passent une nuit ensemble pour se réconforter l’un l’autre. Mais Scott devient furieux lorqu’il découvre que Rachel consulte aussi Kamal, il se sent trahi et la roue de coups.   Scott aussi bat sa femme lorsqu’elle veut lui révéler qu’elle a eu un amant.

Rachel rend visite à Anna et lui dit de s’enfuir avec elle; loin de Tom. Rachel commence à avoir des soupons sur le personnage de Tom dont elle ne connait aucun des amis ni sa famille. Elles comprennent aussi toutes deux que Tom avait une liason avec Megan.

  • Anna ne veut pas quitter Tom qui rentre soudain plus tôt chez lui et voit Rachel et Anna tranquillement en train de converser. Il comprend que la vérité va apparaitre et empêche violemment Rachel d’appeler la police . Anna ne veut pas se mêler de la situation et prépare calmement le déjeuner d’Evie.
  • Le chapitre suivant décrit la dernière scène entre Megan et Tom qui apprend que Megan est enceinte de lui. Il lui conseille d’avorter immédiatement. Megan commence à hurler sa colère alors Tom prend une pierre objet et défonce le crâne de Megan qu’il enterre un peu plus loin. Anna assiste impavide aux aveux de Tom, faits Rachel. Rachel tente de s’enfuir mais Tom la rattrape brutalement et la maitrise. Puis Tom interroge Rachel, tout comme il a demandé à Megan auparavant: “qu’est-ce que je vais faire toi? Qu’est-ce que tu me fais faire?” rejetant le blâme sur ses victimes. Anna comprend que son tour viendra inéluctablement, car elle est témoin des crimes de son psychopathe de mari. Anna tente une dernière fois de s’échapper , poursuivie par Tom qui est tué par Anna qui enfonce le tire-bouchon dans la gorge de Tom que Rachel y avait planté;

Ces femmes sont liées par leur adolescence malheureuse, leur manque d’enfant ou la mort de leur bébé. Elles sont un danger pour leur enfant, c’est la cause principale de leur instabilité psychologique.   Même Anna est coupable d’avoir confié Libby d’abord à Megan, mère meurtrière, et s’être endormie laissant le libre champ à Rachel, elle aussi en mal d’enfant. Elles sont mariées à des hommes violents qui ne les comprennent pas, mais comme l’avoue Rachel à son psychiatre, elles restent auprès de ces hommes pour expier leur faute. Leur sentiment de culpabilité se double d’une écrasante sensation d’infériorité qui leur fait accepter les humiliations et les coups de leur compagnon. Les deux survivantes, Rachel et Anna sont désormais liées par le secret de l’exécution de Tom.


Chronique de Joëlle : 28 janvier 2017

Le siège de Krishnapur (1973)

J.G. Farrell

Introduction historique

L’activité de la Compagnie des Indes,  était, entre autres la fabrication de balles d’opium à destination du marché chinois afin de financer les achats de thé, vital dans un pays dont l’eau était souvent polluée. A aucun moment de cette crise le commerce de l’opium ne fut  mis en question ni par les Anglais fiers de participer à la richesse nationale, ni les Cipayes, ni les chefs hindous locaux.  Les Anglais eux-mêmes consommaient du laudanum, un dérivé opiacé, très largement répandu à la même époque, comme antalgique, anti-dépresseur et contre les difficultés de transit intestinal. Le siège de Lucknow est l’exemple le plus célèbre de l’héroïsme de quelques Anglais assiégés pendant 87 jours et relevés le 25 septembre par un premier régiment d’Ecossais. La Résidence accueillit 3000  Anglais mais 1 000 dont 350 soldats  et 550 non combattants, assistés de 300 Cipayes restés fidèles,  survécurent aux attaques et aux privations.

J.G. Farrelll reçut le Booker Price, en 1973, pour ce roman. L’auteur s’est largement servi des journaux personnels, des lettres et des documents du siège de Cawnpore et de Lucknow. A Cawnpore, par exemple, les hommes furent immédiatement exécutés, les femmes emmenées dans un harem, Bibi-Ghar,  avec les enfants. Les prisonniers furent tués à l’arme blanche et  coupés en morceaux puis jetés dans un puits. La répression fut sanglante. Cawnpore resta le cri de guerre des Anglais jusqu’à la fin du conflit.  L’auteur mit l’accent sur l’enjeu fondamental de la Révolte des Cipayes et la résistance anglaise qui conduira à l’instauration du Raj : il s’agissait d’une guerre de civilisation où chacune des parties était prête à mourir pour défendre son idéal, sa culture et son identité.

Le siège de Krishnapur (1973)

L’histoire de l’Inde est faite d’une série d’invasions et de colonisations dont la région fut régulièrement  victime  depuis plus de 2000 ans : l’ Islam, puis la civilisation victorienne avec la Révolution Industrielle et plus tard le marxisme, et enfin  le capitalisme moderne. La colonisation britannique est loin d’être un phénomène unique dans l’histoire du pays.

Une des étapes de cette histoire mouvementée est un épisode de la Révolte des Cipayes contre la Compagnie des Indes en 1857. Le livre, The Siege of Krishnapur, est un roman de crise qui porte sur un  épisode de cette mutinerie. Il est écrit du point de vue anglais et montre la vie de quelques  Britanniques de cette région, qui doivent subir la colère des Cipayes sans la comprendre .Sans doute,  faut-il lire, dans cette révolte, la volonté d’une élite locale de prendre le pouvoir  sans se préoccuper d’épargner la vie de ses troupes ni de se soucier d’améliorer la vie du peuple en cas de victoire.

Le romancier souligne l’impréparation des autorités militaires et politiques britanniques et de leurs alliés face à un mouvement d’insurrection qui toucha les troupes auxiliaires. Or les soldats anglais ne représentaient qu’une fraction du nombre de l’armée des Indes : 40 000 Britanniques encadraient 200 000 Cipayes, musulmans ou hindous, au service de la Compagnie des Indes. Le prétexte de la  Révolte des Cipayes d’abord chez les  musulmans puis  par des soldats hindous fut la révélation que les enveloppes de papier des   cartouches de poudre que les soldats devaient déchirer avec leurs dents,  étaient imprégnées de graisse de porc ou de boeuf. Les démentis anglais furent ignorés.

Hopkins est le résident de la Résidence de Krishnapur, son amour pour les arts lui vaut le surnom de « Collectionneur ». Il est l’un des premiers à percevoir des signes menaçants parmi les troupes auxiliaires. Il se rend à Calcutta pour avertir les autorités, en vain,  car les  grandes entreprises refusent de payer de nouveaux impôts, nécessaires aux dépenses militaires. Dès son retour, Hopkins fait renforcer le mur d’enceinte et fait des provisions, dans l’insouciance générale.

 Puis les Indiens passent à l’attaque dans de nombreuses régions. A cause de l’attaque d’un campement militaire voisin, Captainganj, les Anglais se retranchent dans la Résidence de la Compagnie. M. Hopkins, devient  donc le chef de cette communauté de réfugiés encerclée par des ennemis déterminés à les tuer. Dans la Résidence s’abritent également des Sikhs et  des Eurasiens chrétiens  pris au piège avec les Anglais, suivis par leurs serviteurs indiens qui font payer de plus en plus cher leurs services.

De leur côté, les Anglais furent victimes des mêmes malentendus de la part des Indiens. En effet, le peu de cas fait par le peuple aux nouvelles techniques et à leurs conseils attrista profondément les Anglais. Les Anglais avaient aussi bâti des maisons d’ouvriers modernes à un étage, les Prince Albert’s Houses, en remplacement des cabanes sordides où vivaient les employés locaux de la Compagnie, comme le note Fleury, venu dresser un état des lieux… Comment les Indiens pouvaient-ils négliger l’importance de ces bienfaits, se demandait Hopkins, avec d’autres Anglais. Une incompréhension  mutuelle s’accroit entre les Anglais et les Indiens et aucun dialogue n’est plus possible. Le siège dure des mois, les habitants souffrent de la sécheresse puis de la moisson des épidémies, des invasions de hannetons et autres insectes et bien sûr de la faim. Les assauts se succèdent et tuent de nombreux réfugiés. Mais, les Anglais n’abdiquent pas et défendent leur honneur, leurs valeurs et tentent de garder le camp jusqu’à l’arrivée tant attendue des renforts.

L’Angleterre retiendra de ces longs mois de souffrance l’indomptable courage des défenseurs qui résistèrent jusqu’à la dernière extrémité et étaient prêts à se faire sauter avec les dernières livres d’explosif afin de ne pas être faits prisonniers, et de ne pas connaître l’horrible sort fait aux prisonniers qui s’étaient rendus. Car, contrairement aux rumeurs savamment distillées par les Indiens à l’armée britannique et qui retardèrent l’arrivée des secours,  des hommes, des femmes et des enfants étaient encore vivants dans la Résidence.


Chronique de Joëlle : février 2017

Le maître du haut château

Philip K. Dick

Philip K. Dick  est né en 1928 à Chicago et mort en 1982. Il a écrit des romans de science-fiction qui ont été adaptés au cinéma avec les films Blade Runner ou Total Recall … Il a vécu presque toute sa vie dans la plus grande pauvreté et enfant fut diagnostiqué  comme souffrant de schizophrénie, et plus tard de paranoïa . Il fut attiré par la théologie, les univers alternatifs, les états de la conscience modifiée grâce aux drogues et aux amphétamines.  Il se sent traqué, épié. Il publié son grand roman Le Maitre du Haut Château qui fut un succès. Il prend de l’héroïne et tentera de se faire désintoxiquer  puis publie quelques romans de science fiction.

Le Maitre du Haut Château (1962)

C’est un roman uchronique, c’est-à-dire qui décrit un temps imaginaire où les allemands et les japonais auraient gagné la guerre et où les japonais occuperaient partiellement les États-Unis. Mais un autre roman à l’intérieur de l’histoire raconte une autre histoire, elle aussi imaginaire: les allemands et les japonais ont perdu la guerre et l’Angleterre est la grande puissance mondiale. Ce deuxième roman:” Le Poids de la Sauterelle“  d’Abendsen circule sous le manteau et pertube la vie des personnages.  Les héros du livre sont  de petites gens  essayant de survivre en vendant aux japonais, occupants avec bienveillance l’Amérique, des petits objets américains datant d’avant la guerre, et ils se passent le roman subversif comme si cela allait changer leur vie.

Les États-Unis sont dont divisés en trois zones; l’une sous contrôle allemand, c’est un vaste camp de concentration;  une zone centrale qui survit péniblement et la troisième sous contrôle japonais. Ceux-ci  se montrent à peine et sont  près à acheter les petits objets que fabriquent les quelques personnages américains du livre. Les Américains  lisent en cachette le roman subversif en espérant vaguement que la réalité est bien dans “Le Poids de la Sauterelle”. Ce roman d’Abendsen est le fil rouge du livre car les allemands ayant appris son existence veulent supprimer son auteur. Un autre livre fait avancer les personnages d’une séquence à l’autre: le Yi King, œuvre de divination chinoise que Philip Dick aurait consulté régulièrement pour écrire son livre.

Le résultat est déconcertant, surtout pour les lecteurs qui savent la réalité: les allemands et les japonais ont commis des atrocités pendant la guerre et leurs occupations ont été une véritable tragédie pour les peuples et les pays qui ont été envahis. Ici l’auteur ne fait nullement référence à ces périodes noires ou tellement légèrement que le lecteur peut en déduite que cela ne le concerne pas. La fin du roman est laissée en suspens. L’auteur a eu le temps de mentionner sans s’y arrêter  les génocides des handicapés,  des slaves, des noirs des juifs et du nettoyage ethnique de l’Afrique. La méditerranée a été asséchée et transformée en champs. Des fusées emportent des Aryens dans l’espace pour coloniser l’univers, on n’en saura pas davantage. Les personnages semblent vivre sans rien comprendre à ce qui leur arrive, comme si l’occupation ne les concernait pas.  De brèves allusions à la nouvelle histoire parsèment le livre sans véritablement influer la vie des personnages principaux. Les noms de Goering, Rommel, Borman paraissent donner une certaine véracité au livre et aux personnages Allemands, qui sont aux commandes de l’Allemagne dans les années 60, pourtant on ne les voient pas vivre ni diriger le monde. Philip K. Dick ne s’est pas donné la peine de construire l’univers dans lequel il fait évoluer ses personnages. Le lecteur ne parvient pas à imaginer l’occupation et la domination allemande ou japonaise que voulait présenter l’auteur. Le second univers contenu dans “Le Poids de la Sauterelle” est à peine indiqué. Les personnages allemands et japonais perdent totalement en crédibilité, de même qu’Abendseen qui aurait dû apporter toute sa conviction à la révélation de ce qu’il considère comme ‘la vérité’. Lui aussi se cache derrière le Yi-king sans rien expliquer de ses sources.

Le retentissement de ce roman est donc un mystère. L’auteur parait avoir été obsédé par la notion de réalité, de vérité et d’univers parallèles et se raccroche comme à une bouée au Yi-King qu’il utilise tout au long de l’écriture de son roman. On peut supposer que le Yi-King a donné un sens à la vie de l’auteur.   De plus, chaque personnage s’interroge longuement sur la signification exacte des tirages de l’horoscope, créé il y 5000 ans en Chine, sans être sûr de leur interprétation. L’auteur n’explique pas  cette fascination dans le roman pour un art chinois importé par des personnages japonais en Amérique.

 

La télévision vient de s’en emparer et Netflix projette en ce moment une adaptation qui  s’éloigne très largement du climat ouaté et moite du roman et qui donne un peu de cohérence et de crédibilité au récit en rappelant la violence des Allemands et des Japonais et leur strict sens de l’ordre. Les héros américains deviennent des résistants. L’atmosphère est lourde et anxiogène. Des événements dramatiques jalonnent la série. Cette série est un succès aux États-Unis et une troisième saison est en cours; peut-être car, heureusement pour eux, les Américains n’ont pas subi d’occupation étrangère et sont juste fascinés et horrifiés par leur destruction possible, jouant à se faire peur comme des enfants qui savent que le loup ne se cache pas derrière l’armoire mais font semblant de fuir sa présence.


Chronique de Joëlle : mars 17

La ville de la peur

Jean d’Aillon

Jean d’Aillon est docteur d’État en Sciences Économiques  et a enseigné l’histoire économique à l’université d’Aix. Puis il s’est lancé dans l’écriture de romans historiques, essentiellement portant sur les différentes périodes du moyen-âge. Il a découvert un ouvrage, à Londres, “The Chronicles of Edward Holmes Under the Regency of the Duke of Bedford”, publié en 1884, deux ans avant la publication de “A Study in Scarlet” par Conan Doyle. Les Chroniques  décrivent comment  un Anglais, Edward Holmes, gagnait sa vie à Paris en écrivant des lettres de rémission de peine et avait été mêlé à plusieurs histoires criminelles. Il y avait fait la rencontre de Gower Watson, arbalétrier qui avait combattu à Azincourt et qui était de- venu son ami. Les titres des chroniques étaient: “Une Étude en Écarlate” , en français,  “Le Chien des Basqueville”, “ Les Quatre Signes” “Le Rituel” … il mentionnait même une “Jeanne la bâtarde”, protégée d’Isabeau de Bavière, vivant à Domremy.  Jean d’Aillon reprend les personnages des Chroniques  d’Edward Holmes et les fait évoluer dans le Paris du XVème siècle , au cours de cet hiver brutal où tant de gens périrent.

La Ville de la Peur

“La ville de la peur”, est le troisième opus de la série consacrée à Edward Holmes par l’auteur. Il s’agit de Paris en 1423, sous domination anglaise et donc de Jean sans Peur. Le roi de France, Charles VI, avait été  déclaré fou et sa femme, Isabeau de Bavière s’était alliée avec les Bourguignons. La reine avait par traité donné la France à Henry V d’Angleterre, son gendre, mais les Armagnacs, légitimistes, voulaient que le dauphin, le futur Charles VII devienne roi. Des massacres et des batailles ponctuèrent ces années de guerre  entre les deux factions. Le dauphin avait fui à Bourges mais contrôlait une grande partie sud du pays tandis que les Anglais et les Bourguignons imposaient leurs lois sur le reste nord de la France et sur la Normandie.

Le roman s’ouvre sur un paysage de désolation. L’hiver s’est emparé du pays, les rivières, dont la Seine, sont complétement gelées, les loups affamés hantent les villages dans les campagnes  et même les rues de Paris. Ils dévorent les proies isolées ou pénètrent dans les maisons mal défendues pour attaquer leurs occupants. La famine et les épidémies s’ajoutent aux malheurs que doit affronter la population.

Dans ce décor sinistre, des cavaliers partent de Rouen pour gagner la capitale et y apporter  l’or prélevé dans la riche province normande au  Duc de Bedford. Cet or doit servir à payer les membres du parlement, mais les quatorze soldats anglais sont  mis en pièces par des loups sur la route et l’or est introuvable. Un autre cavalier parvient, lui, jusqu’à la capitale, c’est un homme si affreusement défiguré que les gens qui le rencontrent le surnomment “La mort”. Il se rend chez un notaire, Roussel  pour réclamer  que la rente promise continue à être versée à la léproserie de St Maur. Il s’agissait de la retraite  où il avait trouvé refuge une vingtaine d’années auparavant, mais le notaire a juste le temps de l’informer du décès de Madame de Guissay avant de mourir d’effroi lorsque l’inconnu enlève son chapeau et se révèle à sa vue. Apprenant la mort du notaire, d’autres personnages vont chez le notaire pour y récupérer des documents royaux. Ainsi un spadassin,  Chabridel,  est-il envoyé par Isabeau de Bavière pour chercher le texte garantissant une rente pour Jeanne dite la Bâtarde que le Duc de Berry a signé. La reine craint vivement que la divulgation de cette rentre auprès de ses ennemis ne portent du tort à sa position.  Par ailleurs, Holmes est chargé de reprendre des “gratifications”  que le roi défunt avait données à ses protégés. Ces donations risqueraient d’exposer au grand jour des secrets d’état.

Holmes rend compte à Isabeau de Bavière de sa mission et l’informe qu’il a retrouvé chez Roussel un sceau qu’il remet à la reine, celle-ci reconnait l’objet, comme étant celui d’Hugonin de Guissay, grand seigneur et courtisan débauché, ami du roi. Elle  repense au Bal des Ardents qui eut lieu en 1393 où de nombreux courtisans moururent dans d’atroces souffrances. En effet, dans complot ourdi par Louis d’Orléans pour se débarrasser du roi.  Hugonin de Guisay, et de nombreux autres membres de la cour devaient se  déguiser avec des plumes collées avec de la poix. Et  Louis d’Orléans n’eut   alors  qu’à approcher une torche pour que les  les malheureux s’enflamment. Le roi n’avait eu la vie sauve que par ce que  sa tante l’avait recouvert de sa large robe en velours le temps que les serviteurs éteignent les flammes dans la salle de bal. L’inconnu défiguré était cet Hugonin de Giusay qui avait survécu à cet enfer. La reine exige d’Holmes d’arrêter toute recherche .

Mais l’or du régent reste introuvable et  un autre notaire, Lescot, est assassiné chez lui avec toute sa famille et ses domestiques, officiellement tué par un loup. Holmes doute de cette explication et se met sur la piste de bandits dresseurs de loups. Un policier, Lestrade, arrête un montreur de loups qui fait des tours dans la rue pour gagner quelques sous. Holmes est convaincu que ce dresseur a été utilisé par les attaquants du convoi du régent et veut interroger l’homme mais Lestrade s’y oppose.

Cependant,  le chef des voleurs de l’or s’inquiète de la perspicacité d’Holmes et le fait arrêter à son tour, le faisant accuser du meurtre de sa bonne amie. Holmes est contraint de s’évader car il comprend que sa vie est désormais en danger. En fait des loups dressés ont bien attaqué  les soldats anglais, ainsi que le confirme le montreur de bêtes,  mais Holmes doit découvrir qui est le chef des bandits.  Il s’agit de Serquigny, le chambellan du roi qui, avec l’aide de  son âme damnée Moriarety, avait décidé de s’approprier l’or du régent.  Holmes parvient à le démasquer et à  le tuer dans un combat individuel.


Chronique d’Yvan Falzon : mai 2016

La Curée

Émile Zola

Paris, comme plusieurs villes européennes, a gardé jusqu’au milieu du XIXème siècle un aspect moyenâgeux avec beaucoup de ruelles étroites tortueuses où sévissaient des conditions d’hygiène déplorables. Peu ou pas de tout-à-l’égout. Les eaux usées stagnaient ou s’écoulaient au milieu de la chaussée. Il n’est pas étonnant que l’on ait connu encore en 1832 une épidémie de choléra. Si la ville de Londres se distinguait des autres capitales par sa beauté et son modernisme c’est essentiellement du au grand incendie de 1666 qui obligea à la reconstruire en plus beau, plus moderne et plus hygiénique. Napoléon III qui y avait vécu à Londres pendant les années qui précédèrent son coup d’état avait gardé le souvenir d’une belle ville moderne et n’eut de cesse lorsqu’il prit le pouvoir de transformer la ville de Paris. Il trouva dans la personne du Baron Hausmann, préfet de la capitale, le réalisateur de ses ambitions. Ce dernier lança dès les premières années de l’empire des travaux d’une importance considérable. L’habitat ancien fut démoli pour être remplacé par des bâtiments plus modernes avec une uniformité de style. Pour répondre à un souci d’esthétique mais aussi à celui de pouvoir mieux juguler d’éventuels mouvement révolutionnaires les rues au tracé tortueux furent remplacées par de grands boulevards dans lesquels on pourrait utiliser le tir de canon contre les manifestants.Des ponts furent construits, le tout à l’égout réalisé . De grands bâtiments officiels datent de cette époque. La ville fut en quelque sorte dépecée comme est dépecé par les chiens de la meute le cerf qui vient d’être abattu. C’est là une des premières explications du titre du roman de ZOLA : La Curée. Ces travaux qui s’étalèrent dans le temps firent de nombreux mécontents . Les petits propriétaires furent expulsés et leur maison fut détruite avec obligation de reconstruire en respectant des normes très onéreuses au dessus de leurs moyens . Ils se retrouvèrent ainsi à la rue et ruinés. On vit se développer de nombreuses associations de financiers véreux qui achetèrent à vil prix les maisons susceptibles d’être démolies les relouant avec des loyers élevés qui accroissaient leur valeur marchandes pouvant ainsi demander d’importants dédommagements au moment de leur démolition . Ainsi se constituèrent rapidement de grandes fortunes. Ces manœuvres spéculatives malhonnêtes et fébriles évoquent également la frénésie des chiens de meute qui dépècent et dévorent le cerf lors de la curée. L’opposition à ces travaux qui bouleversaient l’univers de la capitale se fit de plus en plus vive d’autant que les nombreuses excavations réalisées pour les fondations, devinrent autant de collections d’eau croupies ou pullulaient les moustiques.

Ce qui amena à une résurgence d’épidémies de paludisme importées par les travailleurs émigrés italiens en provenance de la région du Pô . Deux ans avant la fin de l’empire Napoléon mit fin à la carrière d’Hausmann qui se retira en Gironde. Ce grand administrateur laissa son nom à un boulevard parisien qu’il fit ouvrir et sur le tracé duquel se trouvait sa maison natale qu’il fit détruire. La curée parut en feuilleton à partir de l’année 1871. On y trouve la description de l’affairisme malhonnête évoqué plus haut, Celle de la vie dissolue et superficielle des nouveaux riches, Celle la vie de salon Les réunions mondaines entre escrocs. Les mariages arrangés par des entremetteuses dans le seul but de concentrer des fortunes. Le règne du luxe et du vice. C’est l’histoire des Rougons descendants de l’ancêtre Adélaïde et du maraîcher Rougon de Plassant branche de la famille marquée par la quête de l’argent et du pouvoir qui va trouver sous dans le second empire les conditions idéales pour leur ascension sociale.. On voit évoluer tout au long du roman les relations incestueuses entre un personnage central Renée fille de grande famille épousée pour sa fortune, alors qu’elle est enceinte d’un premier amant, par Aristide Rougon devenu Aristide Saccard et son beau fils Maxime fils d’Aristide. Le roman se termine sur la mort de Renée qui est atteinte d’une méningite cause fréquente de mort à cette époque Bien longtemps avant son cédés Maxime personnage peu intéressant Rougon typique l’a abandonnée pour se consacrer à une nouvelle liaison avec une fille de grande famille qu’il espère épouser pour capter sa fortune. Dans ce roman Zola expose sans complaisance la vie sous le second empire. Ceci explique que lorsqu’il voudra publier son roman en librairie le successeur de Napoléon Thiers s’y opposera.


Chronique d’Yvan Falzon : juin 2016

Le ventre de Paris

Émile Zola

Le roman commence au petit matin dans la pénombre. Les commerçants se dirigent vers les halles avec des monceaux de marchandises sur leur charrettes : légumes viandes poissons. Florent, un évadé du bagne de Guyane où il a été déporté lors du coup d’état du 2 décembre 1852 se dirige à pieds vers les halles. Il est maigre, n’a pas mangé depuis plusieurs jours. Une maraîchère lui propose de monter dans sa charrette .Ce qu’il accepte. Il s’installe sur la montagne de légumes qui est pour lui une forte tentation. Au chapitre suivant,on apprend que Florent avant son arrestation était maître d’école et que c’est lui qui a pris en charge jusqu’à son adolescence son jeune frère Quénu. Sa marche vers les halles a pour but de le retrouver. Quénu à la mort de leur oncle a repris la charcuterie familiale située prés des halles et a épousé une employée de la charcuterie Lisa. Tous deux forment un couple de personnages corpulents et joviaux. Ils accueillent chaleureusement Florent qu’ils gardent chez eux. Lisa trouve pour Florent un poste d’inspecteur des marchés qu’il commence par refuser ne voulant rien devoir à l’empire. Finalement il accepte et remplit très bien cette fonction. Ce faisant il intervient dans une dispute entre une poissonnière surnommée la « belle normande » forte femme au physique comme au moral. Lors de cette dispute les poissons volent bas un peu comme chez le poissonnier ORDRALFABETIX de la bande dessinée ASTÉRIX. Florent prend le parti de la cliente. La poissonnière se venge en dressant ses collègues contre l’inspecteur. Malgré cela, ce dernier donne des cours bénévolement au fils de la poissonnière ce qui finira par les rapprocher. Chaque soir Florent se rend au bar de Monsieur Lebigre ou avec d’autres compagnons .Il complote pour la république. Une vieille commère Mademoiselle Saget les espionne. Florent finit par convaincre son frère Quenu de l’accompagner dans ces réunions. L’épouse de Quenu Lisa n’apprécie pas le comportement politique de son beau frère et essaie de s’en débarrasser. Elle demande conseil à un prêtre qui la soutient dans ce projet. Elle fouille la chambre de Florent et découvre ses écrits sur ses projets d’émeute et de révolution. Mademoiselle Saget une commère découvre que Florent est un bagnard évadé et l’apprend à toutes les autres commères du quartier . Lisa décide finalement de dénoncer Florent à la police qui l’arrêtera et le renverra à Cayenne . Lisa et la belle normande longtemps ennemies se réconcilient. La charcuterie prospère. La belle normande épouse Monsieur Lebigre au domicile duquel Florent allait comploter. Le ventre de Paris est un bel exemple de naturalisme . Les descriptions très détaillées font appel à tous nos sens. La vue avec l’éventail des couleurs des fleurs fruit et légumes, l’ ouïe avec les cris des vendeurs qui vantent leur marchandise, s’interpellent ou se disputent, l’odorat avec les odeurs fades des charcuteries et des viandes, les odeurs persistantes des poissons et des fruits de mer. Le ventre de PARIS est d’abord paru en feuilleton dans le journal l’état et s’est mieux vendu que les romans précédents. Toute l’action se déroule dans ce temple de la nourriture dont la construction a commencé à l’instigation du baron HAUSSMANN dans les premières années de l’empire. Hausmann confia la construction des pavillons à l’architecte Balthard qui associait le verre et le métal dans ses réalisations .On peut en voir encore des exemples à l’entrée de certaines bouches de métro . les halles ont été détruites laissant derrière elles un grand trou .Pour le souvenir un pavillon d’origine a été reconstruit à Nogent-sur-Seine . Aujourd’hui le ventre de Paris n’est plus dans Paris . Les halles de Rungis n’ont plus le charme de leur prédécesseur tant en ce qui concerne l’architecture que l’environnement. A Rungis ne viennent que les professionnels. On n’y trouve plus les fêtards éméchés qui tâchaient leur smoking devant une soupe à l’oignon, à côté de clodos qui se décapaient leur tuyauterie avec un coup de gorgeon. C’est tout un monde charmant qui a disparu…. Tout au long du roman réapparait un artiste peintre Claude LANTIER qui essaie de reproduire sur la toile le monde pittoresque qu’il observe. C’est lui dégoûté par les hommes et par le triste sort de FLORENT qui clôt le roman par une réflexion désabusée : QUELS GREDINS QUE CES HONNÊTES GENS !!

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