Sur cette page vous trouverez les résumés des ouvrages lus et commentés dans le cadre du Club de Lecture de Chailly.

Tous ces ouvrages peuvent être empruntés à la Bibliothèque du village.

Chronique de Joëlle : avril 2018

Globalia de Jean Christophe Rufin

Biographie

Né en 1952, à Bourges, Jean Christophe Rufin obtint son doctorat en médecine en 1981, spécialisé en neurologie, et en Sciences Politiques en 1980 et s’est engagé dans Médecins sans frontières dont il fut vice-président, et travailla avec Action Contre la Faim, puis rejoignit François Léotard, ministre de la Défense, comme conseiller dans les relations Nord-Sud; puis il alla au Kosovo comme administrateur de Première Urgence.En 2007 il fut nommé ambassadeur du Sénégal et de Gambie et participa acec la DGSE à la traque des fuyards d’Al Qaida, après qu’ils eurent assassiné des otages français. Il quitte ses fonctions en 2010, après un différend avec le président sénégalais. Il devint enseignant à l’Institut de Sciences Politiques en 2003 puis à l’Ecole de Guerre. Il a publié de nombreux essais et plus de vingt romans dont Rouge Brésil qui lui valut de recevoir le Prix Goncourt en 2001 puis fut élu à l’Académie Française en 2008. Son dernier roman “Le suspendu de Conakry” fut publié en mars 2018.

Globalia (2004)

Le roman s’ouvre sur une randonnée que font Kate et son ami Baïkal. Ils ont décidé tous deux de s’enfuir de Globalia, pays réunissant une grande partie de l’Amérique du Nord et de l’Europe, et vivant sous un immense dôme de verre le protégeant des habitants des non-zones qui tentent de survivre dans les ruines des guerres qui ont conduit à la partition du monde. La nouvelle société est très moderne et complétement placée sous la dictature d’un gouvernement qui surveille chaque mouvement et oblige chaque habitant à se conformer à un mode de vie unique et à se dire libre malgré les contraintes de cette vie très encadrée. Un seul discours est possible et les individus coupables de la moindre déviation sont soit privés de travail vivant chichement d’un minimum social ou expulsés vers les non-zones. Baïkal est un jeune homme qui étouffe dans le monde totalitaire et mais,il n’a pas véritablement d’idéologie, ni de plan structuré il veut juste s’enfuir.

Le couple est immédiatement repris par la police à quelques mètres du mur de verre et Baikal se voit offrir le rôle du Nouvel Ennemi par le chef surprème: Ron Altman. Baïkal comprend qu’il ne peut refuser mais ne saisit pas les implications du plan diabolique de Ron Altman; il est donc renvoyé dans les non-zones tandis que les dirigeants créent une fausse biographie de Baïkal le présentant sur tous les écrans comme un dangereux terroriste coupables de plusieurs attentats. Baïkal qui parvient à prendre contact avec Kate grâce à son “multifonction” , genre de smartphone de l’époque, découvre des subtilités du plan d’Altman mais il n’endosse jamais l’uniforme du révolutionnaire. Il a rencontré dès le début un vieil homme, Fraiseur qui lui offre sa protection dans ce milieu hostile. Baikal fait ainsi la connaissance de différentes tribus et des organisations primitives des gens qui ont échappé au massacre et qui se sont regroupés par affinités. Altman fait bombarder les lieux où séjourne Baikal utilisant les images à des fins de propagande pour mobiliser la population de Globalia et la ressouder face à cet ennemi qu’ils croient voir en Baikal, car Altman croit que le pays a besoin d’un ennemi pour se ressouder autour du gouvernement; Pendant ce temps Kate, qui avait été relâchée par la police, fait la connaissance de Puig Pujols, un journaliste viré pour avoir mis en question la véracité d’un attentat attribué à Baikal. Puig est désespéré, et rejoint l’association des lecteurs de Walden dirigée par Paul Wise. Walden est une gigantesque bibliothèque qui réunit les livres et les documents décrivants les siècles antérieurs à l’implantation de Globalia . Les lecteurs ne sont pas très dangereux pour le pouvoir, car ils n’ont pas de projet politique ils se passionnent en secret pour l’histoire du monde sans plus. Plus personne ne lit à Globalai, plus personne n’écrit. Tous les globaliens se limitent à regarder des écrans et se détournent des chiffons de papiers que certains appellent “livres”. Cependant Altman, craignant qu’un jour un chef émerge de ces cercles de “chiffonniers” , désire les éliminer.

De leur côté, Puig et Kate parviennent à s’enfuir et rejoignent Baikal embarqué dans cette désérrance sans but, en réalité Baikal ne fait qu’accompagner Fraiseur jusqu’au campement de Tertullien, mafieux servant d’intermédiaire aux globaliens qui lui achètent des matières premières produites dans les non-zones. Puig a essayé d’emporter des documents techniques et scientifiques pour aider au redeveloppement intellectuel des non-zones mais, un agent infiltré récupère les papiers avant que Puig puisse les utiliser.

Altman suit son parcours grâce à ses agents infiltrés et ordonne un bombardement qui scelle la fin de l’aventure Baikal qui n’avait pas réussi à galvaniser les différentes tribus et n’en avait d’ailleurs nullement le projet. A la fin, on voit Baikal, Kate et Puig fuir à cheval vers les hautes montages des Régions Inaccessibles et y disparaitre pour toujours. Altman avait voulu créé un ennemi qu’il pourrait détruire facilement pour convaincre les globaliens que leur monde était menacé et qu’ils devaient être heureux de la surveillance et de la vigilance des autorités qui les protégeaient de tout. Le second objectif de l’opération Nouvel Ennemi vise Walden. Altman avait appris qu’un réseau d’irréductibles existait et il était déterminé à les anéantir. En effet, une fois le dernier massacre accompli il ordonne la disparition des quelques milliers de lecteurs de Walden et se retire en donnant à son neveu les rennes du pouvoir

Jean Christophe Rufin, fin connaisseur du Tiers monde qu’il observe en tant que médecin et diplomate depuis des décennies, a voulu présenter sous couvert de roman de politique fiction son analyse du monde actuel. Sa post-face donne des clés pour mieux comprendre son intention, sans expliciter sa pensée. Mais en extrapolant les dernières lignes du roman on pourrait se livre à quelques suppositions. Ainsi le lecteur pourrait-il peut-être découvrir sous les hardes de Baïkal un sosie de Bin Laden dont la presse américaine avait révélé le passé d’agent de la CIA et qui s’enfuit , des années plus tard à cheval dans des montagnes escarpées croyant échapper à son destin; il pourrait aussi réévaluer l’attentat contre les Twin Towers et les conséquences militaires qu’il a engendrées en attribuant à AlQaeda cette attaque sur le sol américain. Le lecteur pourrait considérer que la surveillance généralisée de ses activités sur internet et l’usage outrancier des smartphones, encouragé par les grandes compagnies internationales, sont des moyens de contrôles que la population accepte facilement au nom de l’efficacité, sans s’interroger sur le renoncement à une partie de leur liberté d’agir que cela implique. Rufin nous montre aussi qu’un grand pays n’a rien à craindre des individus situés au-delà du mur de verre qui sépare les régions développées des autres , mais que parfois il n’hésite pas à créer un adversaire lorsque l’ennemi historique devient un allié.

Chronique de Yvan : avril 2018

LES RÉVOLTÉS DE LA BOUNTY

Cette présentation correspond à la lecture de plusieurs ouvrages:

Tout d’abord la trilogie romanesque : L’odyssée de la Bounty, Dix-neuf hommes contre la mer et Pitcairn de NORDHOFF et HALL deux auteurs qui ont longtemps vécu à Tahiti où ils ont pu se documenter sur l’affaire de la Bounty. Ces livres, gros succès de librairie, parus dans l’entre deux guerres et vendus à 10 millions d’exemplaires ont été réédités en 1991.

Et puis un gros ouvrage paru en 2016, intitulé « La vérité sur la Bounty » qui rassemble les écrits de plusieurs auteurs pour la plupart membres de l’équipage et surtout celui de Jules Vernes parus en 1823 qui constitue le résumé le plus intéressant et le plus fidèle à la vérité historique.

Tout le monde connaît la mutinerie de la Bounty ce navire britannique qui avait pour mission de collecter à Tahiti des plants d’arbre à pain pour les transplanter dans les Caraïbes afin de nourrir à moindres frais les esclaves qui travaillaient dans les plantations de cannes a sucre.

Ce que l’on connait moins c’est la nature de cet arbre généreux : l’arbre à pain voisin du jacquier fournissant de grandes quantités de glucides

Mais revenons à la vraie histoire de la Bounty pas celle plus ou moins déformée par les images fortes que le cinéma a imprimé dans nos mémoires .

On dit suivant que l’on soit anglophone ou français : le ou la bounty . Tous les bateaux sont du genre féminin en Angleterre.

Donc je dirai le Bounty. C’est un trois mats, un ancien transporteur de charbon de 27 mètres de long appelé le Bethia qui a été transformé pour le transport de plus de 1000 plants d’arbre à pain et des réserves d’eau nécessaires à leur irrigation. Sa nouvelle appellation BOUNTY signifie « générosité » et évoque la générosité qui consiste à apporter de la nourriture pour les esclaves)

Le Bounty étant un bateau modeste, il ne pouvait être commandé que par un lieutenant. Celui-ci étant donnée la modestie de son grade ne pouvait bénéficier de royal marines (soldats embarqués qui l’auraient aidé dans l’exercice de son autorité.) Ceci explique en partie la facilité avec laquelle s’est déroulée la mutinerie. L’équipage du bounty était composé de 44 marins et de deux botanistes.

Pour aller d’Angleterre à Tahiti c’est-à-dire de l’Atlantique vers le Pacifique l’itinéraire le plus court passe par le Cap Horn . Ce fut au départ l’itinéraire choisi par BLIGH. Mais le bateau parti d’Angleterre au mois de septembre

resta bloqué dans la manche jusqu’au mois d’octobre en raison du temps déplorable. Il n’arrive au cap Horn que le 23 avril. C’est-à-dire 6 mois plus

tard. Après plusieurs tentatives infructueuses Bligh annonce à son équipage qu’il va prendre la route du Cap de bonne Espérance. Porté par des vents favorables, Il y parvient un mois plus tard. Finalement Tahiti n’est atteint que début octobre. Il aura fallu un an pour y parvenir.

Deux mois suffisent pour charger les plants. Une fois la cargaison chargée BLIGH doit attendre des conditions météorologiques favorables pour prendre le chemin du retour. Il est obligé de transiger avec ses hommes et accepte qu’ils vivent à terre avec des tahitiennes et même que celles-ci montent à bord.

Il va attendre jusqu’au mois d’avril de l’année suivante pour reprendre la mer . A terre comme à bord du bateau la discipline se relâche. Pas moins de 18 membres de l’équipage sont soignés pour maladie vénériennes. Les postes de vigie sont assurés de manière fantaisiste. Au point qu’un jour même le bateau s’échoue. Prenant la mesure de l’indiscipline qui règne Bligh qui voulait attendre encore décide de prendre la mer le 1° AVRIL 1789 .

Cette décision est mal perçue par les marins que l’on arrache aux délices de Capou.

Afin de reprendre en main son équipage, Bligh va faire régner une discipline de fer à bord se rendant de plus en plus exécrable par ses injures, ses punitions corporelles à la moindre faute. Il réserve les vexations les offenses et les pires injures à Christian qui finit par déprimer envisageant de fabriquer un radeau pour quitter le bord .

Finalement le 28 avril 1789 Fletcher avec un petit groupe de marins déclenche la mutinerie. Suivi d’une dizaine de matelots armés de sabres, de coutelas et de pistolets CHISTIAN descend dans l’entrepont. Il fait défoncer la porte de la cabine de BLIGH le fait monter sur le pont les mains liées dans le dos. Christian annonce au capitaine Bligh qu’il va l’abandonner sur une chaloupe. Bligh affichant d’abord sa morgue habituelle finit par supplier Christian de revenir sur sa décision et de l’épargner au nom de sa famille.

Finalement les conditions que l’on fait à Bligh s’adoucissent. CHRISTIAN lui laisse son cahier de bord, ses vêtements, les tables nautiques et le propre sextant de Christian qui fait preuve en cela d’une grande générosité car il sait qu’à terme cela pourra concourir à sa perte. On donne également à Bligh des vivres, du rhum, des outils, un mat et des voiles. 18 hommes sont embarqués avec Bligh. La chaloupe non pontée dépasse à peine l’eau d’une quarantaine de cms et c’est dans ces conditions que Bligh va arriver à ramener ses hommes vers la civilisation. Après une longue errance au cours de laquelle ils vont faire un séjour à Tahiti, les mutins chercheront une ile déserte pour s’y établir et ce sera l’ile de Pitcairn située à l’écart des routes maritimes.

Voyons maintenant le contexte historique dans lequel est survenue cette

révolte ainsi que ses répercussions sur la marine britannique :

Nous sommes en 1787 à la veille de la révolution française Les esprits en Angleterre comme en France sont travaillés par les idées nouvelles de liberté et de justice sociale. En Angleterre après que le pouvoir ait encore triomphé en punissant un certain nombre de coupables de la révolte du bounty le feu va couver dans toute la flotte anglaise pendant environ huit ans. Puis en 1797, survient un mouvement surnommé « la grande république flottante » avec la grande mutinerie de l’ile de Spithead dans la manche où l’on voit en pleine guerre contre la France l’équipage du Saint Georges refuser d’appareiller et rallier à lui toute l’escadre. Les marins reproduisent les comportements des révolutionnaires français quelques années auparavant. Ils prêtent serment de fidélité à leur cause, élisent des délégués et rédigent des cahiers de doléance.

La mutinerie fait tâche d’huile et gagne les ports de Portsmouth, Plymouth, la flotte de la Tamise, les escadres de la mer du nord et les ports d’Irlande. L’amirauté devra céder et chaque paroisse devra payer un impôt destiné à financer les mesures sociales obtenues par les révoltés. Cet impôt sera appelé la « Bounty Money » . Et le gouvernement fera finalement appel au capitaine BLIGH pour ramener l’ordre dans la marine.

Portée plusieurs fois à l’écran depuis 1933 cette aventure maritime a vu son héros principal FLETCHER CHRISTIAN incarné par des acteurs célèbres : Errol Flynn, Clark Cable, Marlon Brando, Mell Gibson. Le terrible CAPITAINE BLIGH fut interprété par : Charles Laughton, Trevor Howard, Anthony Hopkins.

Nous finirons en parlant des personnages principaux et des raisons de leur opposition .Tout deux étaient de petite noblesse. Christian avait emprunté de l’argent à BLIGH qui ne ratait aucune occasion de le lui rappeler en public ce qui le vexait beaucoup. Christian était un homme ouvert aux idées modernes diffusées par les philosophes. Il était aimé des hommes de l’équipage.

Bligh était un excellent marin. C’était certainement un personnage sévère rude et grossier .Les matelots le redoutaient. Mais il n’était pas la brute qu’en a faite le cinéma. Sur le plan des châtiments corporels notamment il semblerait qu’il n’ait pas eu pas la cruauté d’un autre capitaine bien connu sous les ordres duquel il avait servi : le capitaine COOK.

En fait suivant une analyse faite par Dominique LE BRUN présentateur de la vérité sur la bounty Le vrai problème entre CHRISTIAN ET BLIGH résidait dans une jalousie sexuelle . Christian était jeune, sans doute bel homme, et a du avoir beaucoup de succès féminins sur l’ile de Tahiti. où il a vécu pendant plusieurs mois alors que BLIGH personnage plus austère n’a pratiquement pas quitté le bateau vivant engoncé dans son uniforme de capitaine passant ses journées à remplir ses fonctions officielles d’ambassadeur de l’Angleterre recevant les notables tahitiens. On peut comprendre qu’il ait éprouvé un sentiment de jalousie envers Christian.

Chronique de Joëlle : juillet 17

Corsaires du Levant

Biographie

Arturo Perez Reverte est né à Cathagène en Espagne en 1951. Il a été correspondant de guerre et est amoureux de la mer. Dans ce roman, l’écrivain s’adonne à ses deux passions: les récits de guerre et la mer. Il a publié de nombreux best-sellers, en particulier les sept romans qu’il a consacré à son personnage le plus célèbre: le Capitaine Alatriste qu’il fait évoluer à la fin du XVIème siècle et au début du XVII, lorsque la Grande Espagne ayant achevé sa Reconquête après huit siècles d’invasion arabe et donc musulmane et 150 ans de victoires en Europe et en Amerique Latine. L’auteur est un grand admirateur des auteurs du siècle d’or qui vit les meilleurs auteurs espagnols: Gongora, Lope de Vegas, Francisco de Quevedo et surtout de Miguel de Cervantès qui combattit contre les Turcs à la grande bataille navale entre les Chrétiens et les Turcs à Lepante, en 1510 Cervantés y perdit un bras et fut emmené à Alger pendant cinq terribles années comme esclave. Cervantès écrivit de nombreux romans dont l’immortel Don Quichotte de la Mancha.

Perez Reverte est membre de l’Academie Royale, depuis 2003. Il publia de nombreux romans mais n’échappa pas à deux serieuses accusations de plagiat.

Corsaires du Levant (2006)

En hommage à l’oeuvre de Cervantés que Perez Reverte cite à plusieurs reprises comme d’ailleurs les autres grands auteurs du Siècle d’Or, l’écrivain nomme son héros principal le Capitaine Alatriste, en écho au “Chévalier à la triste Figure”, surnom que Sancha Pansa donne à Don Quichotte.

Le Capitaine a déjà connu plusieurs aventures en compagnie de son jeune protégé de 17 ans, Inigo Balboa, qui combat depuis 2 ans à ses côtés. Cette fois il s’embarque sur une galère espagnole, La Mulâtre, avec une cinquantaine d’autres soldats et une centaine de galériens. L’écrivain nous donne tout au long du roman des indications brêves et précises pour que le lecteur comprenne mieux l’époque et les pays rivérains de la méditerranée qui se battent afin de contrer la menace toujours présente des Turcs.

Ainsi, voyons-nous que les rameurs sur les galères espagnoles appartiennent à plusieurs catégories: les prisonniers arabes ou turcs ou maures ou morisques , mais aussi des forçats condamnés par la justice royale pour quelques années de servitude et enfin de rares engagés volontaires qui sont payés pour leur service et ne sont pas enchaînés. Malgré ces différents régimes tous les galériens connaissent le même sort et souquent jusqu’à l’épuisement sous le fouet. Ils sont utiles car ils donnent davantage de souplesse aux bâteaux en cas d’abordage. La flotte corsaire espagnole bénéficie de l’engagement absolu des défenseurs de la Religion, c’est-à-dire des Chevaliers de Malte,Leurs galères participent avec une détermination totale à la lutte contre les turcs qui pillent tous les navires de commerce qui s’aventurent sur la mer. Perez Reverte fait allusion au courage inflexible des Chevaliers de Malte à St Elme ou à La Vallette.

Pour tous, il s’agit de continuer à lutter contre l’ennemi implacable que représentent les turcs et leurs peuples soumis et de maintenir ouvertes les routes maritimes en méditerranée.


Ce roman, magnifiquement écrit, est une chronique de la vie des soldats espagnols de leur exploits de leur héroïsme face à l’ennemi. L’auteur tient à expliquer la motivation fondamentale des espagnols qui se battent pour leur foi mais aussi pour honneur. Ils sont fiers de leur engagement militaire et refusent de se rendre même lorsque tout semble perdu. Cette époque de batailles maritimes acharnées illustre l’héroïsme des combattants qui sont toujours prêts à mourir pour leur foi et leur roi, mais aussi pour leur réputation, malgré leurs conditions de vie misérables.

La galère du Capitaine Alatriste nous conduit de Melilla à Oran puis à Naples puis près de la Croatie. Les soldats, qui ne sont plus payés par le roi depuis longtemps, vivent du pillage des bateaux turcs et de la vente des prisonniers en cherchant à tuer le maximum d’ennemis, comme le fond, de leur côté, les envahisseurs qui ont soumis par la terreur les terres autrefois chrétiennes et qu’ils continuent à maintenir sous leur joug. La tragédie des Janissaires est mentionnée avec sobriété. Il s’agit de ces enfants chrétiens de 10 ans, prélevés chez les familles chrétiennes par les Turcs tous les ans, pour les transformer en redoutables soldats face aux armées ou aux marins chrétiens.

_______________________________________________________________________________________________________________________________________

Chronique de Joëlle: juin 17

La Fête des fous

James Lee Burke

La Fête des Fous était célébrée les 26, 27 et 28 décembre et encadrée par l’Église du XIIème au XVII siècle en France, mais fut fortement limitée dès le Xvème autorisaity tous les débordements y compris des parodies ecclésiastiques avec l’élection d’un pape des fous et d”’un évêque. Ces fêtes étaient dérivées des saturnales où tous les débauches étaient permisent sous le couvert de l’anonymat. Venise et d’autres villes continuent cette tradition de bals masqués encore de nos jours.

L’Église avait compris qu’il fallait permettre à tous de s’affranchir des interdits et des hiérarchies, de pardonner les relations sexuelles extraconjugales et tous les excès. Sans doute, cela permit-il aussi que des couples stériles aient soudain des enfants avec la bénédiction de l’Église et de libérer les rancœurs et les envies trois jours par an.

Burke nous offre ici le dernier ouvrage d’une de ses trilogies. Ces romans très sombres qui explorent les aspects les plus sombres de l’âme humaine se terminent sur une enquête qui met en présence différents psychopathes et leur Némésis en la personne du shériff Holland et de ses adjoints.

Comme le roman précédent, Les Dieux de la Pluie, s’ouvre sur une scène de violence dans une région désertique du Texas proche du Mexique. Un homme est torturé puis abattu par un groupe de gangsters, car le chef; Krill, veut savoir où La Magdalena qui pourrait le mener à Noie Barnum.

Peu à peu, le lecteur apprend que plusieurs bandits et même le FBI recherchent Barnum qui est un ingénieur qui a inventé un drone, le Prédateur, qui est utilisé par l’armée américaine et pourrait intéresser Al Quaeda.

Barnum a réussi à s’échapper et est recueilli par un des tueurs pathologiques, Jack Collins, déjà présent dans le roman précédent. Barnum, en fait, veut infiltrer Al Quaeda et tuer le maximum d’islamistes après que sa sœur ait péri dans les Twin Towers. Il prétend vouloir vendre les secrets du drone pour parvenir à son but.

Les personnages ont tous un lourd passé qui les hantent y compris Hackberry Holland qui ne se pardonne pas d’avoir cédé aux tortures en Corée du Nord. Krill est obsédé par la mort de ses fils en Argentine, alors qu’il y était mercenaire. Collins repense à la mort de sa mère qu’il a poussé dans les escaliers pour se venger de ses souffrances endurées quand il était enfant, et l’une de ses derniers massacres où il a exécuté 9 prostituées thaïlandaises. Cody meurt crucifié par les hommes de Sholokoff, proxénète et dealer de cocaïne, après une vie de tueur bien remplie. Anton Ling, La Magdalena, dont le nom seul évoque le pardon, porte secours à des migrants mexicains, mais a aussi lutté contre les communistes en Thaïlande. Sa vie actuelle est une expiation de ses péchés réels ou imaginaires.

Des personnages secondaires assistent les personnages principaux, comme Becons , adjoint shériff qui est victime d’un tueur sadique et cupide et est sauvé in extremis par Collins de la tombe où Negrito l’avait enterré, en espérant pouvoir vendre sa prise aux plus offrants.

L’auteur se réfère à la Bible à l’Évangile et à plusieurs écrivains pour soutenir sa quête. Il cherche une réponse à la question centrale de la trilogie: quelle est l’origine du mal. Le passé, le présent et le futur sont mêlés dans la tête des personnages, puisqu’ils ne parviennent pas à se libérer de leurs actions.

La Fête des Fous s’achève sur un message d’espoir et d’apaisement pour ces âmes torturées car Collins et Krill, malgré leurs épouvantables crimes obtiennent le pardon de Hackberry qui les laissent poursuivre leur chemin. De même, Barnum rachète son passé de gauchiste romantique et est laissé libre de poursuivre son destin de vengeur par le shériff. Seul, Hackberry qui avait cru noyer autrefois son sentiment de culpabilité pour avoir survécu au camp de prisonniers dans l’alcool et la débauche, s’interdit de connaitre des jours heureux avoir son adjointe Pam, de cinquante ans sa cadette. Hackberry paie le prix d’un crime qu’il s’imagine avoir commis et continue a revivre les pires moments de sa captivité nuit après nuit. La Fête des Fous est le roman du masque, des apparences, de la violence et du crime mais aussi de la rédemption. Il est significatif que seul Hackberry ne peut être sauvé car il a été une victime et donc n’a nul crime à se faire pardonner.

_______________________________________________________________________________________________________________________________________

Chronique de juin: Brian Davis

An introduction to polo

by “Marco” (1931)

Lord Mounbatten, de Burmanie

Préface du Prince Charles, Prince de Galles (1976)

Ce livre est un manuel complet pour le joueur de polo, débutant ou expérimenté. Il a été réédité plus de six fois depuis sa parution car il réunit tous les points que le joueur de polo doit savoir.

Le polo est jeu ancestral qui vient de Mongolie et qui a été modernisé par les officiers de la cavalerie anglaise en Inde. Le cheval depuis des millénaires a été le compagnon des guerriers et l’instrument essentiel des grandes batailles en Europe en particulier. Des exercices, comme le polo, étaient donc grandement appréciés des meilleurs officiers et en Angleterre il reste le sport des rois et des princes comme Charles, William et Harry, et naturellement de Lord Moubatten.

Outre un texte très clair, il présente des photos des grands joueurs de l’époque qui permettent de mieux visualiser les conseils.

Deux équipes, de 4 joueurs chacune, s’affrontent pour faire le maximum de buts par période de 7mn 30. En général, les matches durent 5 ou six périodes mais pour les femmes les matches ne comptent que 4 périodes.

A.Une bonne équitation

Il va de soi que le joueur doit être un cavalier très expérimenté qui sait mener son cheval dans toutes les situations, de manière quasi automatique pour se libérer l’esprit et se concentrer sur le jeu de polo.

  1. Un poney bien dressé

De la même manière, le joueur doit pouvoir monter un cheval qui est prêt à répondre immédiatement à ses demandes, ceci requiert des années d’un dressage spécifique tout en rigueur et en fermeté mais sans jamais blesser ou effrayer le cheval qui doit pouvoir faire confiance à ses cavaliers et être sûr que le joueur et les palefreniers s’occuperont de lui en toutes occasions.

  1. Le cheval et le cavalier forment une équipe et l’un compte sur l’autre .

  2. L’effort demandé au poney est si intense que les cavaliers s’arrêtent au bout de 7mn 30 et changent de cheval, ce qui suppose une grande cavalerie mise à la disposition de chacun. Deux à quatre chevaux sont donc nécessaires pour chaque joueur à chaque match.

  3. Le polo demande des qualités exceptionnelles de la part du cavalier et du cheval et une longue sélection permet de réunir les meilleurs des deux catégories.

  4. Au polo des diplômes, appelés “handicaps”, sont décernés aux meilleurs joueurs chaque année. Les rangs vont, de nos jours, de -2 à +10. Ce classement est reconnu sur le plan international. Les meilleurs joueurs actuellement sont les argentins qui ont su développer ce jeu en véritable activité nationale, avec des élévages et des champions de notoriété mondiale.

B. L’équipement

    1. Le maillet et la façon de le tenir pour frapper la balle.

    2. La selle

    3. Les brides

    4. Les bottes

    5. Le pantalon blanc

    6. Le casque

    7. Un cheval de bois fixe est souvent utilisé par les plus grands champions pour améliorer la frappe.

  1. La frappe

1. Il y a 4 coups principaux, naturellement il faut frapper la balle quand le cheval galope à environ 30 km à l’heure ou doit virer ou s’arrêter brutalement tout en surveillant ses adversaires en repérant la position de ses coéquipiers pour leur passer la balle ou tenter de faire un but. Il faut donc se représenter visuellement à chaque instant la configuration du jeu, et frapper la balle. Il s’agit d’un jeu équestre de stratégie collective et d’habileté individuelle.

D. L’arbitre

Comme dans tout sport il convient de surveiller le jeu et de sanctionner les fautes, de nos jours dans les meilleurs clubs mondiaux y compris à Chantilly, en France, des drones aident l’arbitre à prendre des décisions .

E. La ligne

1.Chaque joueur qui a la balle dessine sur le sol une ligne imaginaire qui interdit à tout adversaire de frapper à la gauche de celle-ci, mais il peut prendre la balle par la droite. En outre, comme on rugby les joueurs peuvent “prendre l’homme “ c’est-à-dire forcer un joueur à s’écarter en poussant son cheval contre celui de l’adversaire.

2. Les règles concernant le jeu sont très précises et doivent être respectées à la lettre. Le livre s’achève donc sur une présentation de ces règles, qui furent recemment changées en Amérique pour permettre un jeu plus fluide qui est visuellement plus facile à comprendre par des publics pourtant chevronnés.

Conclusion

Rappelons-nous que c’est un jeu viril qui est d’abord un exercice militaire avant d’être un spectacle élégant, apprécié de quelques très rares amateurs dans le monde, essentiellement composés de familles royales et de milliardaires.

_______________________________________________________________________________________________________________________________________

Chronique de Joëlle: Juin 2017

Les Dieux de la Pluie

James Lee Burke

James Lee Burke est né en 1936 au Texas et a écrit une vingtaine de romans dont certains on été portés à l’écran comme In the Electric Mist ou Two for Yuma. Il a reçu plusieurs prix pour ses romans policiers et a publié un premier roman de la série The Holland Family, dont le héros est Hackberry Holland “Déposer glaive et bouclier” en 1965, publié en France en 2013, “Les dieux de la pluie” en 2015 (2017), et “La fête des fous” en 2011, (2017).

Les dieux de la pluie

Dans un petit hameau sinistré du Texas un homme, Pete Flores, affolé appelle la police il vient d’assister au meurtre de neuf thaïlandaises qu’il avait accepté de convoyer par son co-équipier. Pete est un ancien soldat grièvement brûlé au cours de la guerre d’Irak. Il vit d’expédients et essai d’oublier ses traumatismes en buvant et en se droguant. Il est le témoin d’un épisode de la guerre des gangs qui oppose un russe, Joseph Solokoff, propriétaires de ces prostituées asiatiques qui lui servaient également de mules pour transporter de l’héroïne dans leur estomac et Dick Nolan venu de la Nouvelle Orléans. Nolan avait donc voulu faire exécuter ces filles et les enterrer pour pouvoir récupérer la drogue plus tard, car les convoyeurs ne parvenaient plus à faire taire les filles qui voulaient être conduites dans un hôpital les sacs remplis d’héroïne mis dans leur estomac commençant à éclater. Nolan avait simplement dit à son homme de main : « fais le nécessaire ». Le roman décrit la course poursuite entre les tueurs engagés par Nolan pour éliminer tous les témoins de l’incident dont Pete et Vikki Gaddis, sa petite amie, et le sheriff Hackberry Holland, un rescapé des camps de prisonniers de la guerre de Corée.

Le shériff doit affronter les tueurs dont le plus terrible est un psychopathe, Jack Collins , dit le Prêcheur, car il se prend pour le fléau de Dieu. Il a sans doute tué sa mère, pour tenter de résoudre un complexe d’œdipe qui le taraude. D’ailleurs, à la fin de l’histoire, on apprend qu’il a enterré sa mère sur son lopin de terre et planté sa tente dessus ; en un geste de possession et de domination ultime qu’il révèle à son disciple Bobby Lee.

Plusieurs autres personnages jalonnent le roman et tentent chacun de jouer sa partition : un inspecteur du FBI, qui veut venger sa fille tuée pour le plaisir par des gangsters éméchés, qui meurt sous les balles de Collins. D’autres bandits qui vivotent de crime en crime.

L’auteur s’est longuement interrogé sur le conflit entre le bien et le mal et cite la Bible : « la voix de Dieu est un murmure, on ne l’entend pas dans les tremblements de terre » (Elie), ou l’Évangile de St Matthieu. Ainsi Hackberry qui dut subir le sadisme de ses geôliers chinois en Corée dit-il : « on ne descend pas tous du même arbre », en rejetant le darwinisme.

Plus loin le narrateur s’interroge sur l’histoire de la terre faite de : « souffrances, inhumanités, massacres, cicatrices, poussières dépourvues de signification », en écho à Shakespeare qu’il cite plus loin, désabusé : « on ne meurt qu’une fois , on doit une mort à Dieu », (Henry IV, III, 2).

Et un indien conclut en regardant cette terre aride, autrefois productrice de blé, « les dieux de la pluie ne reviendront pas tant que les dealers et les tueurs seront par là, Il y a un trou dans la terre, et à l’intérieur il y a un endroit d’où venait tout le blé. C’est de là que sort toute la puissance. Plus personne ne sait où est ce trou ».

_______________________________________________________________________________________________________________________________________

Chronique de Joëlle: Avril 2017

Les anonymes

J. R. Ellory

Le livre commence comme un roman policier traditionnel: un inspecteur, Robert Miller, est appelé à la suite d’un meurtre. Une femme, Catherine Sheridan, semble avoir été la victime d’un crime sexuel. En effet, son corps est retrouvé au pied de son lit. La victime est apparemment morte sous les coups assenés par un tueur qui attache un ruban au pied de ses victimes. Le fichier de la police fait état de quatre victimes similaires mais, seule, Catherine a été étranglée avant de recevoir les coups et donc révèle un modus operandi différent. Aucune des victime n’ a été violée. Miller suppose qu’il y a deux tueurs. Un inspecteur du FBI, James Killaney est dépêché pour renforcer l’équipe. Il n’offre que des platitudes psychologiques aux enquêteurs de terrain, mais il suit le déroulement des opérations.

Ici, l’auteur introduit le journal de John Robey en parallèle au développement de l’enquête. John Robey révèle peu à peu qu’il a été recruté par la CIA et qu’il connaissait Catherine Sheridan pour avoir fait équipe avec elle lors de ses missions au Nicaragua, lorsque le gouvernement américain avait mandaté Oliver North pour superviser un accord de lutte avec les rebelles contre les communistes en leur donnant des armes et un soutien technique en échange du libre accès au marché de la drogue aux États-Unis. Les missions de John Robey, était d’abattre les Sandinistas qui se livraient au meurtre et à la torture systématique des opposants au communisme, sous la présidence sanglante d’Ortega.

John Robey a donc mené une double vie, celle de sniper au service de la CIA contre les ennemis de la liberté et une carrière de professeur de littérature à l’université. Il révèle aussi que dans son enfance, son père a soulagé les souffrances de sa mère atteinte d’un cancer au stade terminal. John a même participé à la construction du cercueil que son père avait construit avec amour pour enterrer son épouse. L’idée de mort nécessaire et charitable était donc présente dans l’esprit de John dès son adolescence.

Par ailleurs, Miller découvre que Catherine Sheridan avait laissé des messages dans les livres qu’elle empruntait à la bibliothèque municipale indiquant ainsi le nom de ses co-équipiers au Nicargua. La CIA a compris le danger et a envoyé un liquidateur pour éliminer les membres de cette équipe pour éviter que la vérité sur cette mission ne soit découverte, et en particulier l’arrivée massive de drogue aux États-Unis, pour payer les armes. Catherine, elle-même atteinte d’un cancer au stade terminal, a cru faire une chose juste en commençant à indiquant au monde ce qui s’était passé mais elle n’avait pas mesuré les conséquences qui conduisirent à la mort de ses anciens compagnons d’arme de l’armée secrète. Le lecteur peut imaginer que son jugement a été perverti par les médicaments. Elle ne sait plus si elle a eu raison de suivre cette voie. Elle tente maladroitement de dire qui était avec elle au Nicaragua sans donner aucun renseignement sur ses missions et ce qu’elle en pense ultérieurement. Elle est à bout de force physiquement et psychologiquement. Elle ne trahit pas son pays mais semble perdue, avant que la CIA, craignant des propos plus précis et opposés à la politique suivie, n’intervienne.

Miller continue son enquête et trouve John Robey sur son chemin, l’ancien agent est, lui aussi, arrivé à la fin de sa mission sur terre et il se laisse découvrir par Miller, car il sait que la CIA est sur ses traces et va immanquablement l’éliminer à son tour. Quand il a su que Catherine était mourante, il lui a offert, avec son consentement, une mort rapide et déguisé son quasi-suicide en victime de la série du “Tueur au ruban”.

Miller comprend que Killarney ne fait pas partie du FBI et est en réalité le chef d’équipe du groupe dont faisaient partie pour les agents éliminés sur ordre du directeur de la CIA.

La profondeur et la grande émotion que se dégagent de ce roman viennent de l’écriture pudique toute en retenue qu’a choisie l’auteur. Il montre comment un jeune homme, patriote et foncièrement honnête, est près a engager sa vie dans le grand combat de son pays: la lutte contre le communisme, dans tous les pays où il a été envoyé. Mais que comme l’histoire le démontre les agents secrets, qu’ils soient mis sur des missions d’élimination ou de renseignements, doivent maintenir un silence absolu sur leurs actions.

John Robey a vécu sous de multiples identités a maintenu une double vie et a servi son pays au maximum de ses capacités, il est tué à la fin comme ses camarades au nom du secret. Le combat qu’il mène au nom de son pays est honorable lorsque l’on sait les atrocités commises dans les pays communistes: Cuba, l’URSS, la Chine ou la Corée du Nord et qui sont rapplelées au début du journal de John Robey. L’auteur a la grande inteligence de ne pas juger une politique mais d’exposer des parcours individuels et leur tragédie. John Robey est un héros anonyme qui est resté droit dans ses principes et son engagement.

Biographie

Roger Jon Ellory est né à Birmingham en Angleterre, en 1965, d’un père inconnu et d’une mère mère danseuse, qui mourut de tuberculose lorsqu’il avait 7 ans. Il fut élevé par sa grand-mère maternelle. Il s’intéresse à la philosophie, la psychologie. . . , ainsi qu’à la musique mais aussi aux auteurs policiers et commence à écrire des romans à l’âge de 22 ans. Mais les éditeurs rejetèrent ses romans au prétexte qu’un Anglais ne pouvait pas écrire sur l’Amérique. En 2001, il décida de se relancer dans l’aventure. “Candlemoth” fit pris par Orion et ce fut le départ de sa carrière. “Les anonymes”, son sixième roman, publié en 2010, reçut le prix du roman policier en Angleterre.

La chronique de Joëlle : janvier

Tana French

Tana French est une auteure irlandaise, née en 1973, née aux États-Unis d’une mère d’origine russe et d’un père américain d’origine italienne, qui a travaillé dans le développement économique dans de nombreux pays. Elle a suivit des études de théâtre à Dublin à Trinity Collège, elle a gardé les deux nationalités : américaine et italienne malgré son installation en Irlande. Sa carrière d’écrivaine a débuté avec le roman In the Woods, en français : Écorces de sang. Elle a publiée environ 6 romans policiers en s’intéressant à la psychologie des personnages.

LA MAISON DES ABSENTS

Il s’agit d’un roman policier contemporain situé en Irlande, dans une nouvelle banlieue de Dublin, un quartier pavillonnaire. Une partie des maisons est abandonnée, une autre est en voie de construction d’autres sont habitées. Le lieu pourrait être charmant avec ses pelouses, ses larges rues mais il est sinistre, car il y manque la vie. Il n’y a pas de boutiques, de bruit, d’animation. Les rares habitants semblent perdus au milieu de cette banlieue qui est construite loin de tout, sur une butte battue par les vents maritimes.

La police est appelée sur les lieux par la sœur de la propriétaire, Jenny Spain, d’un pavillon inquiète de ne pas avoir de nouvelles. Un as de la crime, Scorcher Kennedy, vient enquêter avec son adjoint Richie. Au début, le cas semble clair : le père, Pat, pris d’un coup de folie , a tué ses enfants, blessé sa femme avant de se suicider. Mais bien vite des détails étranges viennent contredire cette analyse simpliste : pourquoi tant de trous larges d’une vingtaine de centimètres ont-ils été creusés dans les murs ? Quel est le vagabond qui a élu domicile en face de la maison de Jenny pour surveiller la famille ? Peu à peu Kennedy comprend qu’il s’est passé un drame bien plus complexe.

Le roman est une métaphore de la crise économique et bancaire et des espoirs fous puis brutalement déçus de ces nouveaux propriétaires de maison qui ont balayés tant de gens ordinaires en Irlande.

Pat et ses enfants et Jenny ont été broyés par la crise économique qui a fait croire aux Irlandais imprudents que pour la première fois de leur histoire tragique , ils allaient enfin se développer et que le Tigre Celtique , surnom que les Irlandais avaient donné de façon bien prétentieuse à leur pays , allait continuer à rugir, au-delà des années 2000.

C’était oublié que le bref essor avait été financé par les fonds européens et que les maisons toutes neuves mais payées à crédit devaient être remboursées aux banques étrangères ;

Tana French ne parle pas de l’économie de l’Irlande mais elle a choisi de montrer l’impact délétère sur ses habits qui ont voulu croire en un rêve de grandeur qui s’est transformé en cauchemar.

Pat a détruit lui-même son pavillon à recherche de supposés furets qui auraient élu domicile derrière les parois de son logement. Il fait des trous , pose des caméras et des micros en espérant surprendre la cause des bruits qu’il prétend entendre et prouver à Jenny qu’il y a bien un monstre qui se cache dans leur maison. Il s’enfonce dans son délire et entraîne sa femme dans sa paranoïa. Le vagabond qui entre régulièrement, parle avec les enfants et vole de la nourriture est un marginal, amoureux transi de Jenny qui essaie de veiller sur la famille en secret. Il est prêt à s’accuser des meurtres pour sauver l’objet de son amour. En effet, Jenny au bout de plusieurs mois à bout de force tue ses deux enfants et son mari et tente de se suicider. Mais Scorcher Kennedy parvient à dénouer les fils de l’intrigue en remontant toutes les pistes.

2) Bref commentaire

Tana French a réussi un roman policier dont on suit l’enquête avec grand intérêt. Le style est vif et plaisant. Les personnages sont bien campés et clairement identifiables ainsi que cette nouvelle banlieue désolée et désolante, perchée sur cette colline face à la mer comme une épave abandonnée après une forte tempête. Les différents suspects auraient pu, tous, commettre les crimes et assassiner cette famille si banale, mais l’auteure a su révéler peu à peu son jeu et montrer les différents niveaux de responsabilité de la tragédie sans jamais s’écarter de son propos apparent : faire un bon roman policier.

Mais, le texte, à la réflexion, prend une épaisseur particulière lorsque l’on se rappelle des ravages de la crise des sub-primes qui a déferlé sur des pays peu structurés qui ont voulus croire dans un rêve américain insensé. Le titre français : La Maison des Absents met le projecteur sur les crimes commis, tandis que le titre original en anglais, Broken Harbour, souligne met le projecteur sur la famille et leur habitation qui loin de leur servir d’abri s’est révélée être un piège mortel pour leurs ambitions démesurées. Le port, autrefois havre de paix, est brisé et seules des ruines et des disparus hantent désormais ces lieux de malheur. met le projecteur sur la famille et leur habitation qui loin de leur servir d’abri s’est révélée être un piège mortel pour leurs ambitions démesurées.

Anatole France

Biographie

Anatole France, né en 1844 à Paris et mort en 1924 à St Cyr-sur-Loire, fut considéré comme le plus grand écrivain de la IIIème république. Son père était libraire, spécialisé dans la Révolution français et fit partager à son fils son amour des livres et son intérêt pour l’Histoire. Anatole France fut bibliothécaire au Sénat avant de se consacrer à l’écriture et il utilisa ses connaissances historiques dans plusieurs de ses romans écrits dans une prose poétique qui lui valut le Prix Nobel en 1921, pourtant il débuta sa carrière d’écrivain en publiant des poèmes et fut membre du Parnasse à partir de 1867. plus tard il écrivit des pièces de théâtre et des critiques littéraires Il fut élu à l’Académie Française en 1896. Par ailleurs, il s’engagea dans plusieurs causes sociales : soutien à Dreyfus, à la Ligue des droits de l’Homme, au Parti Socialiste français … Il écrivit des textes patriotiques pendant la 1ère Guerre Mondiale puis milita pour une amitié franco-allemande après le conflit. Il collabora à l’Humanité mais se montra critique envers les procès staliniens ce qui lui valut son exclusion des journaux communistes. Ses romans montrent un auteur critique de son époque devenu de plus en pessimiste sur le sort de la société. Le roman qui le fit connaître fut le Crime de Sylvestre Bonnard.

Le crime de Sylvestre Bonnard (1881)

Le roman s’ouvre dans la bibliothèque personnelle de Sylvestre Bonnard, membre de l’Institut, célibataire ayant atteint la soixantaine vivant avec son chien et sa gouvernante qui l’informe qu’un colporteur vit dans le grenier de son immeuble à Paris et que sa jeune femme est enceinte. Il lui fait porter des vivres et des bûches par charité. Plus tard il apprend que la jeune femme, devenue veuve, est partie avec son fils vers d’autres aventures.

Quelques années plus tard, il découvre l’existence d’un manuscrit précieux, « La légende dorée » Jean Toutmouillé, et il décide de partir en Sicile acquérir ce trésor, après quelques péripéties il fait la connaissance, en Italie, de la Princesse Trepof et son époux, mais ne parvient pas à acheter « La légende dorée » , car le fils du marchand est parti avec plusieurs œuvres d’art pour les vendre à Paris. Sylvestre Bonnard tente d’enchérir pour prendre possession de l’œuvre mais un mystérieux acquéreur le devance et il repart chez lui désemparé. Mais un petit garçon sonne à la porte avec un paquet. Il s’agit d’une bûche qui contient le manuscrit qu’il convoitait, avec une carte : Princesse Trepof, qui n’était autre que la jeune femme du grenier qu’il avait secourue sans même l’avoir vue.

Puis Sylvestre Bonnard est invité au château de Lusance pour y inventorier la magnifique bibliothèque. Il y fait la connaissance de Jeanne Alexandre, petite fille d’un amour de jeunesse, Clémentine. Il se laisse emporter par ses souvenirs. Il songe à l’époque troublée où les bonapartistes puis les partisans de l’Empire puis ceux de la restauration s’affrontaient ou méditaient sur la gloire éphémère des uns et des autres. Il pense à la jeune Clémentine qui illumina sa jeunesse

Jeanne est orpheline et pauvre. Sylvestre Bonnard s’intéresse à cette jeune fille qui se languit dans un pensionnat où elle doit s’occuper des plus jeunes. Sylvestre Bonnard obtient que la directrice soit moins exigeante envers la malheureuse enfant. Elles se rendent toutes deux chez Sylvestre Bonnard et, en voyant la bibliothèque de l’académicien, la directrice ne peut réprimer la question qui fuse de la bouche des non lecteurs : « vous les avez tous lus ? ». La directrice, déjà vieillissante souhaiterait vivement épouser l’académicien, devant le refus outré de celui-ci elle s’oppose à ce que Sylvestre Bonnard continue ses visites au pensionnat pour veiller sur Jeanne, l’accusant de nourrir de mauvaises pensées envers la jeune fille. Jeanne devient domestique puisque son tuteur déclare avoir épuisé les ressources financières qui lui appartenaient. Sylvestre Bonnard décide d’enlever Jeanne et la conduit chez Mme et M. Gabry qui est affolé par les conséquences de cette folie. Le tuteur, Maitre Mouche, a de son côté au même moment fuit la veille avec l’argent de ses clients et la fille d’un perruquier. Devant la défection de Mre Mouche, Sylvestre Bonnard se fait nommer légalement tuteur de Jeanne car il souhaite qu’elle éclaire ses dernières années ; mais un jeune thésard s’éprend de la jeune fille et lui demande sa main.

Bonnard décide de vendre sa bibliothèque pour constituer une dot à Jeanne, mais chaque nuit il en retire des ouvrages qu’il garde dans une réserve secrète, car il ne peut se résoudre à voir disparaître ses chers compagnons. Il volait la dot de sa protégée, voilà le crime que Sylvestre Bonnard commettait nuit après nuit. L’amour des livres ne l’avait jamais trahi et il avait besoin de leur affectueuse et fidèle présence puisque Jeanne allait le quitter.

Chronique de Joëlle: Septembre

Un pur espion

de john Le Carré (1987)

Ce roman est d’abord une auto-fiction de John Le Carré où il révèle ce que furent les relations qu’il entretint avec son père, escroc notoire. Son héros, Magnus Pym, est considéré comme un maitre espion travaillant pour le Foriegn Office. Son terrain de prédilection est l’Allemagne et la Tchécoslovaquie. Jeune étudiant, Pym fit la connaissance, à Berne en Suisse, d’un réfugié tchèque, Axel, qui le recontactera plus tard car en fait il travaille pour les service secrets tchèque et, jouant de leur profonde amitié, le convaint, très facilement, de devenir un agent double au profit des communistes.

Le roman s’ouvre sur la disparition de Magnus. Mary sa femme alerte Jack Brotherhood, leur chef au Foreign Office que Magnus n’est pas rentré à Vienne à l’ambassade comme convenu après l’enterrement de Rick. En fait, Pym s’est réfugié dans un petit hôtel du Devon où il rédige ses mémoires à l’intention de son fils. Il veut expliquer que sa personnalité si complexe est le résultat de ses liens avec un père qui s’est joué de tous et de toutes, qui l’a abandonné régulièrement dès le plus jeune âge et qu’il a appris la duplicité et le double jeu très tôt pour survivre. Très jeune il a appris les bonnes manières, puis la séduction et il se sert de ces armes pour obtenir ce qu’il veut des relations qu’il noue dans les ambassades britanniques. Il sait cacher ses émotions, ses sentiments et tout particulièrement à lui-même. Magnus se convainc qu’il trahit l’Angleterre pendant plus de vingt ans pour garder l’amitié d’Axel, en réalité sergent Pavel, la seule personne pense-t-il qui fit preuve de sincérité envers lui. Axel lui avait avoué sa qualité d’agent communiste mais se présente avant tout comme un ami fidèle. Magnus a trop besoin de cette amitié pour rejeter Axel ou le dénoncer au Foreign Office. Le talent pour la manipulation que son père lui a transmis lui permet de cacher à tous la réalité du jeu qu’il mène et persuade facilement Jack, son chef, que c’est lui, Magnus qui mène le jeu et contrôle le réseau tchèque et non l’inverse, jusqu’à ce que la CIA ne découvre la vérité et que cela conduise à son arrestation et à son suicide.

Axel est un fin psychologue et a très vite découvert la faille dans la personnalité de Magnus qui cherche désespérément un lien authentique mais il choisit le pire en se précipitant chaque fois davantage dans les mailles du filet que lui a jeté Axel. Magnus a besoin d’être encadré étroitement et il est la victime consentante du chantage affectif que pratiquait déjà, maladroitement, son père. Axel est d’un autre calibre et conduit sa recrue avec une main de fer dissimulée dans un gant de velours, se présentant à lui comme le seul capable de le mener au plus sommet professionnel et comme le seul ami qu’il ait dans ce monde. L’auteur mentionne les apparitions successives d’Axel dans la vie de Magnus toujours accompagnées dans chantage affectif pour qu’il lui livre toujours des secrets plus importants, Magnus lui semble ne pas saisir le danger et le poids de ses trahisons. Il pense que toute la vie est faite d’escroqueries et ne se réjouit même pas des succès qui jalonnent sa vie de traitre. Il est un agent double d’abord envers lui-même.

John Le Carré, de son vrai nom David Cornwell, a travaillé pour le MI6 en Allemagne de 1960 à 1964. Il aborde de nouveau dans ce roman le thème central de son œuvre: la trahison d’un agent en place, la taupe, l’agent double pris dans les complexités de ses identités et ses loyautés multiples. La construction de ce roman est donc alambiquée faite d’aller et retours entre l’enfance et l’âge adulte, mêlant les apparitions de Rick et d’Axel, créant ainsi une grande confusion chez le lecteur qui évoque le malaise grandissant de l’esprit de Magnus. La découverte de la trahison de Magnus arrive au moment, qu’avait pressenti Axel, où Magnus est épuisé. La mort de Rick le prive de la nécessité de prouver à son père qu’il est meilleur manipulateur que lui pour enfin avoir l’amour de son père, ce père qui lui interdit de l’appeler Père. Magnus ne peut que lui donner du “Rick “ comme toutes ses relations. C’est le drame de bien des enfants mal aimés ou rejetés qui acceptent tout de leur parents pour obtenir enfin cet amour qu’ils n’auront jamais. Magnus n’a plus la force de continuer sans ce défi perpétuel. Il se réfugie dans sa tanière comme une bête blessée à mort pour s’expliquer à son fils. C’est l’hallali, il en est conscient et se tire une balle dans la tête avant même que les policiers pénètrent dans l’hôtel, échappant définitivement à la réalité qu’il a fui toute sa vie. Il est le parfait espion car s’il découvre des secrets militaires facilement il ne sait pas à quel pays il doit être loyal, il choisit de se lier à Axel sans devenir communiste mais il a besoin d’un mentor puisque son père a refusé d’endosser ce rôle. Trahir l’Angleterre ne lui parait pas déloyal car il ne sait pas qui il est.

Chronique de Joëlle : Mars 2017

Maupassant 1850- 1893

Né d’un père hobereau normand à Tourville, il monta à Paris pour travailler au ministère de la Marine puis commença à vivre de sa plule avec le succès de Boule de Suif et de la Maison Telluier en 1880. Il rencontra les grands écrivains du moment et fut un ami proche de Flaubert et de Tourgueniev. Il faut très affecté par la disparition de Flaubert.

Il publia son premier roman en 1883 Une Vie et deux ans plus tard Bel-Ami qui lui valut la consécration. Il fut diagnostiqué comme syphilitique en 1877, maladie qui l’emportera après des mois de délires en 1893.

Son œuvre internationalement reconnu compte des articles de journaux parue dans le Gaulois et Gil Blas , des nouvelles et des romans qui sont toujours appréciés dans le monde entier.

Bel-Ami 1885

Georges Duroy, fils d’aubergistes normands, et sous-officier démobilisé, arrive à Paris en 1880, plein d’ambition il se sait intelligent, séducteur et sans scrupules il veut réussir et y parvient grâce à l’appui de femmes riches et connues dans le Tout Paris. Il rencontre par hasard un camarade de régiment Charles Forrestier qui s’est fait une situation dans la presse. Forestier le présente à son directeur, Walter, homme d’affaires juif et rusé qui lui propose des piges. Il gagne très peu mais il rencontre les femmes du monde qu’il tente de séduire; dont Clotilde de Mareille qui lui procure appartement et argent. Walter le charge de chroniques à La Vie Française. Duroy séduit Madeleine Forestier qui en réalité avait rédigé les articles de son mari et avait donc connu un succès journalistique par procuration. Elle offre à Duroy de continuer et de devenir son prête-nom, puisque Charles ne peut plus assurer sa position. Car il est poitrinaire et mourant mais il confie Madeleine à Duroy lui léguant 1 million;. Duroy séduit aussi Virginie Walter, la femme de son patron.

Madeleine épouse Duroy et lui apporte 40 000 francs en dot et l’appartement;qu’elle occupe. Elle fait entrer Duroy dans les milieux de la politique et de la finance.

Il rachète un titre et devient M. Du Roy de Cantel;

Il est ami avec Laroche-Mathieu, devenu ministre des Affaires Étrangères et se rapproche des intrigues du moment. Maupassant profite de ce personnage pour appeler des pages douteuses de la politique française de l’époque et d’un scandale financier an Maroc. Grace aux indiscrétions de Virginie Walter qui a surpris des propos de son mari, il gagne à la bourse 60 000 francs mais prenant conscience du caractère illégal de l’opération il recours à l’aide du comte de Vaudrec, autre amant de Virginie Walter, pour déguiser cette somme et il touche sous forme de legs 400 000 francs. Or le coup de bourse qui lui avait fait gagner 60 000 fra,cs a fait toucher 50 millions à Wlater. Du Roy se sent donc justifié dans sa monter vers les sommets et la richesse. Amant de l’épouse de Walter il veut aussi devenir aussi riche que lui et l’humilier publiquement. Il jette son dévolu sur Suzanne la plus jeune des filles de Walter qui a juste 17 ans.

Grâce à un constat d’adultère il peut divorcer de Madeleine et il veut épouser Suzanne, mais ses parents s’y opposent, alors il enlève sa jeune maitresse. Virginie est dévastée par la perversité de son amant. Mais le père accepte de doter de 10 millions Suzanne et accepte le mariage. Devant l’église de la Madeleine, la foule s’est amassée pour assister à la cérémonie , Duroy se sent enfin parvenu à ,ses fins. Il est reconnu par tous comme étatn riche et puissant.

Maupassant voulait dénoncer le monde de la presse , des affairistes de l’empire. Duroy est aussi un double de Maupassant qui fut journaliste et un grand séducteur, un habitué des salons et des alcoves parisiennes. Maupassant méprise les bourgeois riches ou pauvres il est issu de la noblesse et se gausse des prétentions de cezs parvenus et de leurs délires de grandeur qu’aucune fortune ne leur peremttra d’oublier la bassesse de leur naissance.

 

Chronique de Joëlle: Décembre 2017

Biographie de Paula Hawkins

Paula Hawkins est née à Harare en Rhodesia, devenue le Zimbabwe, en 1972, d’un père professeur d’économie et journaliste. Elle étudia l’histoire et la philosphie à Oxford et devint journaliste économique au Times.

La fille du train de Paula Hawkins (2015)

Paula Hawkins a écrit La fille du train, c’est un thriller psychologique. Ce roman est écrit à trois voix et se déroulent sur plusieurs années. On comprend peu à peu qu’une femme, Megan Hipwell, a disparu et que la police mène l’enquête. Plusieurs protagonistes décrivent leur vie dans la, période qui a précédé cette disparition. Troix femmes vont donc mêler leurs recits conduidants au drame.

Rachel, le personnage central de ce roman, n’a jamais accepté le divorce de son mari, Tom, qui s’est remarié avec sa maitresse, Anna, qui depuis est enceinte . Elle sombre dans le désespoir et noit ses angoisses et sa colère dans des flots de gin tonic. Devenue incapable de travailler, elle est mise à la porte mais n’ose pas avouer cette ultime déchéance à l’amie qui lui loue une chambre, aussi tous les matins continue-t-elle de prendre le train , ne sachant combien de temps elle pourra cacher la vérité. Elle a quelques économies et parvient à donner le change à son amie, Cathy. Cependant elle ne peut dissimuler ses beuveries qui la plongent régulièrement dans une stupeur d’ivrogne. Elle oublie de nombreux épisodes de sa vie et ne sais pas vraiment ce qui lui est arrivé au moment de la disparition de Megan.

Le roman s’ouvre sur une journée quotidienne de Rachel. En regardant par la fénêtre du train elle remarque un couple qui habite un pavillon situé tout près de la ligne de chemin de fer. Elle leur imagine une vie idyllique, elle dont le rêve a été brisé à tout jamais. Elle leur donne un nom à chacun: Jason et Jess. Jason lui parait l’incarnation de l’homme idéal, beau et attentionné envers sa femme. Pourtant quelques temps plus tard, Jess lui parait avoir changé envers on mari, comme si elle avait peur de lui.

Elle et Tom ont habité un autre pavillon avec jardin un peu plus loin et elle peut voir son ancien mari et Anne de son train. Rachel harcèle Tom de coups de fils pour lui exprimer son désespoir, et Tom lui intime l’ordre de cesser ce manège en vain.

  • La police découvre le corps dans le bois près de la gare. Désormais, Rachel tente de reconstituer les journées qui ont été marquées par la disparition de Megan, car elle veut découvrir ce qui s’est réellement passé , convainque de l’innocence de Scott , elle veut trouver l’assasin. Mais ses souvenirs lui échappent, et elle craint d’avoir commis le pire. Rachel a commencé à boire par ce qu’elle ne pouvait pas voir d’enfant.

Megan, apparait soudain comme la deuxième narratrice du roman, pour éclairer le personnage de la disparue et expliquer le drame. Il s’agit, en fait, de la femme que Rachel avait baptisée Jess. Rachel et Megan ont un parcours semblbles qui les rapprochent sans mêlme se connaitre.

Megan a eu une adolescence tournmentée, tout comme Rachel; elles ont toutes deux fuguées à l’âge de 15 ans ont vécu avec un homme quelques années et repensent à leur grand amour perdu, et s’enfoncent dans leur dépression. Megan s’ennuie dans cette nouvelle maison, elle n’aime pas son mari, Scott, et ne sait comment s’occuper. Elle se propose, soudain comme babysitter à Anna qui a eu son bébé, mais elle abandonne rapidement. Et elle Megan décide de consulter un psychologue bosniaque: Kamal Abdic, qu’elle harcèle à son tour, car elle a jeté son dévolu sur le psychiatre puisqu’elle ne peut communiquer avec son mari. Et elle décide un jour de raconter à Kamal son terrible secret : elle s’était endormie dans son bain, en tenant son bébé, Libby, contre elle. Quand le froid la réveilla, Libby s’était noyée, coincée contre son corps. Ce jour-là Kamal et Megan deviennent amants.

Puis, Anna rentre en scène et relate aussi sa version des faits concernant les interventions de Rachel dans leur vie avec ses nombreux coups de fils.

L’auteure mêle les chapitres et les récits, en donnant la parole à sa narratrice principale, Rachel. Le lecteur suit donc de nouveau Rachel qui , inquiète des soupçons de la police envers Scott, Rachel, décide de lui fixer rendez-vous et de lui révéler que Megan avait une liaison avec Kamal dont peut-être elle portait l’enfant le jour de son assassinat. Quelques temps plus tard ils passent une nuit ensemble pour se réconforter l’un l’autre. Mais Scott devient furieux lorqu’il découvre que Rachel consulte aussi Kamal, il se sent trahi et la roue de coups. Scott aussi bat sa femme lorsqu’elle veut lui reveler qu’elle a eu un amant.

Rachel rend visite à Anna et lui dit de s’enfuir avec elle; loin de Tom. Rachel commence à avoir des soupons sur le personnage de Tom dont elle ne connait aucun des amis ni sa famille. Elles comprennent aussi toutes deux que Tom avait une liason avec Megan.

  • Anna ne veut pas quitter Tom qui rentre soudain plus tôt chez lui et voit Rachel et Anna tranquilement en train de converser. Il comprend que la vérité va apparaitre et empêche violemment Rachel d’appeler la police . Anna ne veut pas se mêler de la situation et prépare calmement le dejeuner d’Evie.

  • Le chapitre suivant décrit la dernière scèen entre Megan et Tom qui apprend que megan est enceinte de lui. Il lui conseille d’avorter immediatement. Megan commence à hurler sa colère alors Tom prend une pierre objet et défonce le craone de Megan qu’il enterre un peu plus loin. Anna assiste impavide aux aveux de Tom, faits Rachel. Rachel tente de s’enfuir mais Tom la rattrape brutalement et la maitrise. Puis Tom interroge Rachel, tout comme il a demandé à Megan auparavant: “qu’est-ce que je vais faire toi? Qu’est-ce que tu me fais faire?” rejettant le blame sur ses victimes. Anna comprend que son tour viendra inéluctablement, car elle est témoin des crimes de son psychopathe de mari. Anna tente une dernière fois de s’échapper , poursuivie par Tom qui est tué par Anna qui enfonce le tire-bouchon dans la gorge de Tom que Rachel y avait planté;

Ces femmes sont liées par leur adolescence malheureuse, leur manque d’enfant ou la mort de leur bébé. Elles sont un danger pour leur enfant, c’est la cause principale de leur instabilité psychologique. Même Anna est coupable d’avoir confié Libby d’abord à Megan, mère meurtrière, et s’être endormie laissant le libre champ à Rachel, elle aussi en mal d’enfant. Elles sont mariées à des hommes violents qui ne les comprennent pas, mais comme l’avoue Rachel à son psychiatre, elles restent auprès de ces hommes pour expier leur faute. Leur sentiment de culpabilité se double d’une écrasante sensation d’infériorité qui leur fait accepter les humiliations et les coups de leur compagnon. Les deux survivantes, Rachel et Anna sont désormais liées par le secret de l’éxecution de Tom.

Chronique de Joëlle : 28 janvier 2017

Introduction historique :

L’activité de la Compagnie des Indes, était, entre autres la fabrication de balles d’opium à destination du marché chinois afin de financer les achats de thé, vital dans un pays dont l’eau était souvent polluée. A aucun moment de cette crise le commerce de l’opium ne fut mis en question ni par les Anglais fiers de participer à la richesse nationale, ni les Cipayes, ni les chefs hindous locaux. Les Anglais eux-mêmes consommaient du laudanum, un dérivé opiacé, très largement répandu à la même époque, comme antalgique, anti-dépresseur et contre les difficultés de transit intestinal. Le siège de Lucknow est l’exemple le plus célèbre de l’héroïsme de quelques Anglais assiégés pendant 87 jours et relevés le 25 septembre par un premier régiment d’Ecossais. La Résidence accueillit 3000 Anglais mais 1 000 dont 350 soldats et 550 non combattants, assistés de 300 Cipayes restés fidèles, survécurent aux attaques et aux privations.

J.G. Farrelll reçut le Booker Price, en 1973, pour ce roman. L’auteur s’est largement servi des journaux personnels, des lettres et des documents du siège de Cawnpore et de Lucknow. A Cawnpore, par exemple, les hommes furent immédiatement exécutés, les femmes emmenées dans un harem, Bibi-Ghar, avec les enfants. Les prisonniers furent tués à l’arme blanche et coupés en morceaux puis jetés dans un puits. La répression fut sanglante. Cawnpore resta le cri de guerre des Anglais jusqu’à la fin du conflit. L’auteur mit l’accent sur l’enjeu fondamental de la Révolte des Cipayes et la résistance anglaise qui conduira à l’instauration du Raj : il s’agissait d’une guerre de civilisation où chacune des parties était prête à mourir pour défendre son idéal, sa culture et son identité.

Le siège de Krishnapur(1973)

de J.G. Farrell

L’histoire de l’Inde est faite d’une série d’invasions et de colonisations dont la région fut régulièrement victime depuis plus de 2000 ans : l’ Islam, puis la civilisation victorienne avec la Révolution Industrielle et plus tard le marxisme, et enfin le capitalisme moderne. La colonisation britannique est loin d’être un phénomène unique dans l’histoire du pays.

Une des étapes de cette histoire mouvementée est un épisode de la Révolte des Cipayes contre la Compagnie des Indes en 1857. Le livre, The Siege of Krishnapur, est un roman de crise qui porte sur un épisode de cette mutinerie. Il est écrit du point de vue anglais et montre la vie de quelques Britanniques de cette région, qui doivent subir la colère des Cipayes sans la comprendre .Sans doute, faut-il lire, dans cette révolte, la volonté d’une élite locale de prendre le pouvoir sans se préoccuper d’épargner la vie de ses troupes ni de se soucier d’améliorer la vie du peuple en cas de victoire.

Le romancier souligne l’impréparation des autorités militaires et politiques britanniques et de leurs alliés face à un mouvement d’insurrection qui toucha les troupes auxiliaires. Or les soldats anglais ne représentaient qu’une fraction du nombre de l’armée des Indes : 40 000 Britanniques encadraient 200 000 Cipayes, musulmans ou hindous, au service de la Compagnie des Indes. Le prétexte de la Révolte des Cipayes d’abord chez les musulmans puis par des soldats hindous fut la révélation que les enveloppes de papier des cartouches de poudre que les soldats devaient déchirer avec leurs dents, étaient imprégnées de graisse de porc ou de boeuf. Les démentis anglais furent ignorés.

Hopkins est le résident de la Résidence de Krisnapur, son amour pour les arts lui vaut le surnom de « Collectionneur ». Il est l’un des premiers à percevoir des signes menaçants parmi les troupes auxiliaires. Il se rend à Calcutta pour avertir les autorités, en vain,  car les grandes entreprises refusent de payer de nouveaux impôts, nécessaires aux dépenses militaires. Dès son retour, Hopkins fait renforcer le mur d’enceinte et fait des provisions, dans l’insouciance générale.

Puis les Indiens passent à l’attaque dans de nombreuses régions. A cause de l’attaque d’un campement militaire voisin, Captainganj, les Anglais se retranchent dans la Résidence de la Compagnie. M. Hopkins, devient donc le chef de cette communauté de réfugiés encerclée par des ennemis déterminés à les tuer. Dans la Résidence s’abritent également des Sikhs et des Eurasiens chrétiens pris au piège avec les Anglais, suivis par leurs serviteurs indiens qui font payer de plus en plus cher leurs services.

De leur côté, les Anglais furent victimes des mêmes malentendus de la part des Indiens. En effet, le peu de cas fait par le peuple aux nouvelles techniques et à leurs conseils attrista profondément les Anglais. Les Anglais avaient aussi bâti des maisons d’ouvriers modernes à un étage, les Prince Albert’s Houses, en remplacement des cabanes sordides où vivaient les employés locaux de la Compagnie, comme le note Fleury, venu dresser un état des lieux… Comment les Indiens pouvaient-ils négliger l’importance de ces bienfaits, se demandait Hopkins, avec d’autres Anglais. Une incompréhension mutuelle s’accroit entre les Anglais et les Indiens et aucun dialogue n’est plus possible. Le siège dure des mois, les habitants souffrent de la sécheresse puis de la moisson des épidé mies, des invasions de hanetons et autres insectes et bien sûr de la faim. Les assauts se succèdent et tuent de nombreux réfugiés. Mais, les Anglais n’abdiquent pas et défendent leur honneur, leurs valeurs et tentent de garder le camp jusqu’à l’arrivée tant attendue des renforts.

L’Angleterre retiendra de ces longs mois de souffrance l’indomptable courage des défenseurs qui résistèrent jusqu’à la dernière extrémité et étaient prêts à se faire sauter avec les dernières livres d’explosif afin de ne pas être faits prisonniers, et de ne pas connaître l’horrible sort fait aux prisonniers qui s’étaient rendus. Car, contrairement aux rumeurs savamment distillées par les Indiens à l’armée britannique et qui retardèrent l’arrivée des secours, des hommes, des femmes et des enfants étaient encore vivants dans la Résidence.

Chronique de Joëlle : Février 2017

Le maitre du haut chateau

Philip K. Dick

Philip K. Dick est né en 1928 à Chicago et mort en 1982. Il a écrit des romans de science-fiction qui ont été adaptés au cinema avec les films Blade Runner ou Total Recall… Il a vécu preque toute sa vie dans la plus grande pauvreté et enfant fut diagnostiqué comme souffrant de shizophrenie, ert plus tard de paranoïa . Il fut attiré par la théologie, les univers alternatifs, les états de la concience modifée grâce aux drogues et aux amphétamines. Il se sent traqué, épié. Il publié son grand roman Le Maitre du Haut Chateau qui fut un succès. Il prend de l’héroïne et tentera de se faire désintoxiquer puis publie quelques romans de science fiction.

Le Maitre du Haut Chateau (1962)

C’est un roman uchronique, c’est-à-dire qui décrit un temps imaginaire où les allemands et les japonais auraient gagné la guerre et où les japonais occuperaient partiellement les Etats-Unis. Mais un autre roman à l’intérieur de l’histoire raconte une autre histoire, elle aussi imaginaire: les allemands et les japonais ont perdu la guerre et l’Angleterre est la grande puissance mondiale. Ce deuxième roman:” Le Poids de la Sauterelle“ d’Abendsen circule sous le manteau et pertube la vie des personnages. Les héros du livre sont de petites gens essayant de survivre en vendant aux japonais, occupants avezc bienveillance l’Amérique, des petits objets américains datant d’avant la guerre, et ils se passent le roman subversif comme si cela allait changer leur vie.

Les Etats-Unis sont dont divisés en trois zones; l’une sous contrôle allemand, c’erst un vaste camp de concerntratio; une zone centrale qui survit péniblement et la troisième sous contrôle japonais. Ceux-ci se montrent à peine et sont près à acheter les petits objets que fabriquent les quelques personnages américains du livre. Les Américains lisent en cachette le roman subversif en éspérant vaguement que la réalité est bien dans “Le Poids de la Sauterelle”. Ce roman d’Abendsen est le fil rouge du livre car les allemands ayant appris son existence veulent supprimer son auteur. Un autre livre fait avancer les personnages d’une séquence à l’autre: le Yi King, oeuvre de divination chinoise que Philip Dick aurait consulté régulièrement pour écrire son livre.

Le résultat est déconcertant, surtout pour les lecteurs qui savent la réalité: les allemands et les japonais ont commis des atrocités pendant la guerre et leurs occupations ont été une véritable tragédie pour les peuples et les pays qui ont été envahis. Ici l’auteur ne fait nullement réference à ces périodes noires ou tellement légèrement que le lecteur peut en déduite que cela ne le concerne pas. La fin du roman est laissée en suspens. L’auteur a eu le temps de mentionner sans s’y arrêter les genocides des handicappés, des slaves, des noirs des juifs et du nettoyage ethnique de l’Afrique. La méditerranée a été asséchée et transformée en champs. Des fusées emportent des Aryens dans l’espace pour coloniser l’univers, on n’en saura pas davantage. Les personnages semblent vivre sans rien comprendre à ce qui leur arrive, comme si l’occupation ne les concernait pas. De breves allusions à la nouvelle histoire parsèment le livre sans véritablement influer la vie des personnages principaux. Les noms de Goering, Rommel, Borman paraissent donner une certaine véracité au livre et aux personnages Allemands, qui sont aux commandes de l’Allemagne dans les années 60, pourtant on ne les voient pas vivre ni diriger le monde. Philip K. Dick ne s’est pas donné la peine de construire l’univers dans lequel il fait évoluer ses personnages. Le lecteur ne parvient pas à imaginer l’occupation et la domination allemande ou japonaise que voulait présenter l’auteur. Le second univers contenu dans “Le Poids de la Sauterelle” est à peine indiqué. Les personnages allemands et japonais perdent totalement en crédibilité, de même qu’Abendseen qui aurait dû apporter toute sa conviction à la révélation de ce qu’il considère comme ‘la vérité’. Lui aussi se cache derrière le Yi-king sans rien expliquer de ses sources.

Le retentissement de ce roman est donc un mystère. L’auteur parait avoir été obsédé par la notion de réalité, de vérité et d’univers parallèles et se raccorche comme à une bouée au Yi-King qu’il utilise tout au long de l’écriture de son roman. On peut supposer que le Yi-King a donné un sens à la vie de l’auteur. De plus, chaque personnage s’interroge longuement sur la signification exacte des tirages de l’horoscope, créé il y 5000 ans en Chine, sans être sûr de leur interprétation. L’auteur n’explique pas cette fascination dans le roman pour un art chinois importé par des personnages japonais en Amérique.

La télévision vient de s’en emparer et Netflix projette en ce moment une adaptation qui s’eloigne très largement du climat ouaté et moite du roman et qui donne un peu de cohérence et de crédibilité au récit en rappelant la violence des Allemans er des Ja ponais et leur strice sens de l’ordre. Les héros américains deviennent des résistants. L’atmophère est lourde et anxyogène. Des événements dramatiques jalonnent la série. Cette série est un succès aux Etats-Unis et une troisème saison est en cours; peut-être car, heureusement pour eux, les Américains n’ont pas subi d’occupation étrangère et sont juste fascinés et horrifiés par leur destruction possible, jouant à se faire peur comme des enfants qui savent que le loup ne se cache pas derrière l’armoire mais font semblant de fuir sa présence.

Chronique de Joëlle: mars 17

La ville de la peur

de Jean d’Aillon

Jean d’Aillon est docteur d’Etat en Sciences Econimuques et a enseigné l’histoire économique à l’université d’Aix. Puis il s’est lancé dans l’écriture de romans historiques, essentiellement portant sur les différentes périodes du moyen-âge. Il a découvert un ouvrage, à Londres, “The Chronicles of Edward Holmes Under the Regency of the Duke of Bedford”, publié en 1884, deux ans avant la publication de “A Study in Scarlet” par Conan Doyle. Les Chroniques décrivent comment un Anglais, Edward Holmes, gagnait sa vie à Paris en écrivant des lettres de rémission de peine et avait été mêlé à plusieurs histoires criminelles. Il y avait fait la rencontre de Gower Watson, arbalétrier qui avait combattu à Azincourt et qui était de- venu son ami. Les titres des chroniques étaient: “Une Etude en Ecarlate” , en français, “Le Chien des Basqueville”, “ Les Quatre Signes” “Le Rituel” … il mentionnait même une “Jeanne la bâtarde”, protégée d’Isabeau de Bavière, vivant à Domremy. Jean d’Aillon reprend les personnages des Chroniques d’Edward Holmes et les fait évoluer dans le Paris du XVème siècle , au cours de cet hiver brutal où tant de gens périrent.

La Ville de la Peur

La ville de la peur”, est le troisième opus de la série consacrée à Edward Holmes par l’auteur. Il s’agit de Paris en 1423, sous domination anglaise et donc de Jean sans Peur. Le roi de France, Charles VI, avait été déclaré fou et sa femme, Isabeau de Bavière s’était alliée avec les Bourguignons. La reine avait par traité donné la France à Henry V d’Angleterre, son gendre, mais les Armagnacs, légitimistes, voulaient que le dauphin, le futur Charles VII devienne roi. Des massacres et des batailles ponctuèrent ces années de guerre entre les deux factions. Le dauphin avait fui à Bourges mais contrôlait une grande partie sud du pays tandis que les Anglais et les Bourguignons imposaient leurs lois sur le reste nord de la France et sur la Normandie.

Le roman s’ouvre sur un paysage de désolation. L’hiver s’est emparé du pays, les rivières, dont la Seine, sont complétement gelées, les loups affamés hantent les villages dans les campagnes et même les rues de Paris. Ils dévorent les proies isolées ou pénètrent dans les maisons mal défendues pour attaquer leurs occupants. La famine et les épidémies s’ajoutent aux malheurs que doit affronter la population.

Dans ce décor sinistre, des cavaliers partent de Rouen pour gagner la capitale et y apporter l’or prélevé dans la riche province normade au Duc de Bedford. Cet or doit servir à payer les membres du parlement, mais les quatorze soldats anglais sont mis en pièces par des loups sur la route et l’or est introuvable. Un autre cavalier parvient, lui, jusqu’à la capitale, c’est un homme si affeusement défiguré que les gens qui le rencontrent le surnomment “La mort”. Il se rend chez un notaire, Roussel pour réclamer que la rente promise continue à être versée à la léproserie de St Maur. Il s’agissait de la retraite où il avait trouvé refuge une vingtaine d’années auparavant, mais le notaire a juste le temps de l’informer du décès de Madame de Guissay avant de mourrir d’effroi lorque l’inconnu enlève son chapeau et se révèle à sa vue. Apprenant la mort du notaire, d’autres personnages vont chez le notaire pour y récupérer des documents royaux. Ainsi un spadassin, Chabridel, est-il envoyé par Isabeau de Bavière pour chercher le texte garantissant une rente pour Jeanne dite la Bâtarde que le Duc de Berry a signé. La reine craint vivement que la divulgation de cette rentre auprès de ses ennemis ne portent du tort à sa position. Par ailleurs, Holmes est chargé de reprendre des “gratifications” que le roi défunt avait données à ses protégés. Ces donations risqueraient d’exposer au grand jour des secrets d’état.

Holmes rend compte à Isabeau de Bavière de sa missin et l’informe qu’il a retrouvé chez Roussel un sceau qu’il remet à la reine, celle-ci reconnait l’objet, comme étant celui d’Hugonin de Guissay, grand seigneur et courtisan débauché, ami du roi. Elle repense au Bal des Ardents qui eut lieu en 1393 où de nombreux courtisans moururent dans d’atroces souffrances. En effet, dans complot ourdi par Louis d’Orleans pour se débarasser du roi. Hugonin de Guisay, et de nombreux autres membres de la cour devaient se déguiser avec des plumes collées avec de la poix. Et Louis d’Orleans n’eut alors qu’à approcher une torche pour que les les malheureux s’enflamment. Le roi n’avait eu la vie sauve que par ce que sa tante l’avait recouvert de sa large robe en velours le temps que les serviteurs éteignent les flammes dans la salle de bal. L’inconnu défiguré était cet Hugonin de Giusay qui avait survécu à cet enfer. La reine exige d’Holmes d’arrêter toute recherche .

Mais l’or du régent reste introuvable et un autre notaire, Lescot, est assassiné chez lui avec toute sa famille et ses domestiques, officiellement tué par un loup. Holmes doute de cette explication et se met sur la piste de bandits dresseurs de loups. Un policier, Lestrade, arrête un montreur de loups qui fait des tours dans la rue pour gagner quelques sous. Holmes est convaincu que ce dresseur a été utilisé par les attaquants du convoi du régent et veut interrogeur l’homme mais Lestrade s’y oppose.

Cependant, le chef des voleurs de l’or s’inquiète de la persperpicacité d’Holmes et le fait arrêter à son tour, le faisant accuser du meurtre de sa bonne amie. Holmes est contraint de s’évader cat il comprend que sa vie est déormais en danger. En fait des loups dressés ont bien attaqué les soldats anglais, ainsi que le confirme le montreur de bêtes, mais Holmes doit découvrir qui est le chef des bandits. Il s’agit de Serquigny, le chambellan du roi qui, avec l’aide de son âme damnée Moriarety, avait décidé de s’approprier l’or du régent. Holmes parvient à le demasquer et à le tuer dans un combat individuel

Contactez-nous !

Nous sommes à votre écoute !

Non lisible ? Changer le texte. captcha txt